L’intégration par la démocratie

Les Marocains commémorent aujourd’hui l’anniversaire de la grande épopée de la marche verte conçue et initiée par le génie de Feu Hassan II. Une marche vers l’intégrité territoriale qui a ébloui le monde par son caractère pacifique et sa grandeur politique, morale, spirituelle et physique.
La commémoration annuelle de cette marche pacifique dépasse de loin la cérémonie symbolique puisque ses multiples valeurs incarnent un enseignement perpétuel tant au niveau du nationalisme, du patriotisme que de la mobilisation. D’autant plus que, comme cette marche avait déstabilisé les ennemis de notre intégrité lors de son déroulement en 1975, elle continue jusqu’à ce jour à les hanter jour et nuit. Il est vrai que la marche n’a jamais cessé et qu’elle continue à pousser nos adversaires jusqu’à leurs derniers retranchements.
À tel point qu’ils ont été acculés commettre les bévues les plus invraisemblables qu’un Etat sainement constitué ne saurait afficher devant la communauté internationale. Depuis 1975 l’Espagne et l’Algérie pour des raisons qui convergent toutes dans l’hégémonisme régional n’ont pas cessé de tomber leur masque. Le premier pays, en tant que puissance colonisatrice, n’a jamais digéré la façon avec laquelle il a été évincé de nos provinces sahariennes. L’Espagne des franquistes, ressuscités aujourd’hui avec le gouvernement Aznar, ne veut pas admettre la force de la loi de la Cour spéciale de justice, ni même l’accord de Madrid que ses dirigeants ont signé avec les responsables marocains. L’Algérie s’est, quant à elle, cachée trop longtemps, sous le voile du droit des peuples à l’autodétermination.
La farce algérienne a duré près de 26 ans et a entraîné dans son sillage plusieurs pays soudoyés et convaincus malgré eux de la justesse de la cause algérienne. Jusqu’à un jour de l’année dernière quand le président Abdelaziz Bouteflika a dévoilé aux Américains toutes les batteries que la junte militaire algérienne avait stockées durant un quart de siècle de ce conflit artificiel. Le monde entier et surtout ceux qui se sont toujours ralliés à la thèse polisarienne ont découvert avec stupéfaction que l’Algérie cherchait tout simplement la partition du Sahara marocain. Par la voix la plus autorisée, sur le papier, de la constitution algérienne, notre voisin de l’Est a mis a nu les visées de ses militaires montrant ainsi aux Polisariens qu’ils n’étaient qu’un instrument entre leur main. Cette précipitation honteuse a été dictée par l’imminence de l’approbation de l’accord-cadre proposé en juin 2001 par James Baker, le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU. À l’approche de la session du conseil de sécurité de juillet dernier, l’Algérie avait adressé à l’ONU son plan de paix qui préconise la répartition du Sahara marocain. De ce fait, les membres du conseil de sécurité avaient entre leurs mains un rapport du secrétaire de l’ONU qui comporte quatre options de solution.
La première possibilité est donnée par l’accord-cadre qui prône l’autonomie sous la souveraineté marocaine. Ce plan qui a été approuvé par le Maroc et soutenu par les Etat-unis a été vigoureusement combattu par les Algériens qui ont remué ciel et terre pour qu’il ne soit pas adopté. La deuxième possibilité revient sur l’option du referendum sur lequel tout le monde s’accorde à dire qu’il est impossible à organiser. La troisième est l’épine qui a dénoncé les visées algériennes et qui consiste à un partage du Sahara que les Marocains ont rejeté en bloc. La quatrième stipule le retrait des Nations Unis de ce conflit et qui a été refusée par les membres du conseil de sécurité. Devant cet imbroglio inextricable, le conseil de sécurité a, dans sa résolution 1429 du 30 juillet 2002, préféré la prorogation de la mission Minurso jusqu’au 31 janvier 2003. La diplomatie algérienne a certes jubilé, mais cela n’a pasempêché le conseil de sécurité «de demander au Polisario de libérer sans nouveau retard tous les autres prisonniers de guerre conformément au droit international humanitaire» Force est de constater aujourd’hui que l’Algérie qui téléguide le Polisario continue à retenir les plus vieux prisonniers du monde sur son sol.
Le droit à l’autodétermination n’est qu’un bluff que le plan de la répartition algérien a dévoilé au monde entier et auquel SA Majesté le Roi Mohammed VI a répondu avec une visite et un discours historiques à Laayoune. Il n’y aura jamais de concession sur l‘intégrité territoriale du Maroc avait affirmé le souverain avec une énergie et un ton rigoureux qui dénote le degré d’intransigeance sur tout ce qui a trait à notre souveraineté. Les Algériens et surtout Bouteflika qui a mis le couteau dans la plaie n’étaient pas habitués à un discours aussi musclé de la part d’un souverain décidé à tous les sacrifices. Cette riposte directe, claire et nette n’était aucunement circontancielle puisqu’elle sera réaffirmée avec plus de force dans le discours du trône du 30 juillet 2002 : « …En revanche se sont multipliés les positions d’hostilité des adversaires de notre intégrité territoriale… allant jusqu’à l’adoption de la thèse de la partition, ce qui a mis à nu les arguties par lesquelles on leurrait l’opinion publique internationale, prétendument pour défendre le principe d’autodétermination».
La preuve de l’hégémonisme algérien est constituée , ce qui manquait c’est une diplomatie percutante qui sait convaincre par le droit tous ceux qui ont été convaincus par le leurre algérien. S.M. Mohammed VI a alors pris en main ce département pour le redynamiser tant au niveau de ses structures que du redéploiement de ses ressources humaines. Le souverain a pris son bâton de pèlerin pour aller défendre notre cause chez tous ceux qui ont cru à la chimérique RASD, résidu anonyme sans domicile fixe. La dernière visite du souverain en Russie, pays membre permanent du conseil de sécurité, rentre dans le cadre d’une diplomatie plus directe et plus offensive. Au nouveau gouvernement d’en profiter pour asseoir cette nouvelle stratégie de politique extérieure.

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