L’intervention du CCDH permet d’apaiser la tension dans la prison civile de Salé

L’intervention du CCDH permet d’apaiser la tension dans la prison civile de Salé

La crise qui oppose l’administration de la prison centrale de Salé aux détenus de la Salafiya Jihadia a connu un début de dénouement après l’intervention du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH). Dans un communiqué publié hier par l’association Annassir, et dont copie est parvenue à ALM, les détenus islamistes ont annoncé avoir suspendu leur grève de la faim. Cette décision concerne non seulement les locataires de la prison «Zaki», à Salé, en grève de la faim depuis le 24 septembre 2007, mais également les détenus de prisons d’autres villes qui se sont joints à ce mouvement de grève le 19 octobre dernier pour protester contre les agissements de l’administration de la prison de Salé. Pas moins de 400 détenus ont rallié ce mouvement. «Nous annonçons avoir suspendu notre grève ce lundi (hier), après que nos frères en grève depuis le 24 septembre 2007 à la prison de Salé aient reçu des promesses sérieuses de la part de la délégation dépêchée par le Conseil consultatif des droits de l’Homme en vue d’examiner leurs revendications», annoncent les grévistes.
Une délégation du CCDH, présidée par Assia El Ouadie, a effectué vendredi dernier une visite à la prison centrale de Salé, afin de s’enquérir de la situation sur place.
A l’issue de cette visite, qui a duré tout l’après-midi du 26 octobre, la délégation s’est engagée à examiner les revendications des grévistes. Ces revendications, posées précédemment comme conditions à la suspension de la grève, se résument en six points : ouvrir une enquête sur des « tortures » auxquelles auraient été soumis plusieurs détenus de la prison de Salé et poursuivre les responsables de ces agissements ; faire retourner à la prison de Salé des détenus qui auraient été transférés de manière «abusive» vers d’autres centres de détention ; ramener des «frères» qui auraient été délogés des pavillons réservés aux détenus islamistes vers d’autres de droit commun ;  faire bénéficier les détenus grévistes de l’ensemble de leurs droits ; traiter avec respect les familles des détenus lors de leurs visites à la prison; faire bénéficier les femmes islamistes de conditions de détention adéquates …
Après avoir pris note de ces revendications, la délégation du CCDH a demandé aux détenus salafistes de suspendre leur grève «pour lui permettre d’activer ses promesses».
L’initiative du CCDH a été accueillie avec satisfaction par les familles des détenus islamistes. Contacté par ALM, Abderrahim Mouhtad, président de l’association Annasir, en charge de la défense des prisonniers salafistes, a affirmé avoir enregistré avec soulagement l’action du CCDH pour régler cette crise, émettant l’espoir que «des drames comme ceux engendrés par cette grève de la faim ne se reproduiront plus».
A rappeler que des représentants de l’association Annasir ont eu dernièrement des rencontres avec des responsables du ministère de la Justice, qui ont promis à leur tour d’ouvrir une enquête pour faire la lumière sur des violations présumées des droits des détenus de la Salafiya Jihadia. La même association a saisi également des responsables de plusieurs associations chargés de la défense des droits de l’Homme, sonnant l’alarme sur l’aggravation de l’état de santé des détenus qui ont entrepris durant plus d’un mois cette grève des «intestins vides». «Le dialogue est le moyen approprié pour désamorcer cette crise», a exhorté l’association des familles des détenus islamistes.

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