L’Iran après la Syrie

Les empires n’existent plus dans leurs formes classiques, c’est-à-dire en tant que pouvoir central auquel sont liés plusieurs «Etats», qui gravitent autour de lui. Mais, la volonté de maintenir la subordination à l’égard d’une puissance se situant au centre du monde ou se proclamant ainsi, reste d’une actualité incontournable. A plus d’un niveau, les Etats-Unis d’Amérique se comportent en tant que détenteurs du monopole de la puissance, et depuis le 12 septembre, ils ont dans leur collimateur des pays, comme l’Irak, la Syrie et l’Iran. Le maillon faible de ce trio, étant bel et bien l’Irak, dans la mesure où ce dernier avait commis l’erreur stratégique d’envahir le Koweit, le 2 août 1991. Depuis lors, il est esseulé et fait l’objet d’un embargo qui allait connaître sa fin par une invasion de ce pays et la démolition de ses structures politiques et militaires. Selon des observateurs occidentaux, les menaces adressées à la Syrie, depuis plusieurs mois, constituent un message lui interdisant de se mêler de la crise irakienne. Car, précise-t-on, «en prenant l’Irak, les néo-conservateurs et les sionistes de l’administration Bush veulent construire un État faible qui alimentera les bénéfices des entreprises américaines et ne contrariera plus les plans de Washington et Tel-Aviv. Ariel Sharon compte bien profiter des guerres des États-Unis pour transformer le Proche-Orient en une région où Israël aura le monopole des armes de destruction massive. C’est pourquoi il pousse les États-Unis à attaquer la Syrie et l’Iran. Mais, les attentats perpétrés en Israël lui ont servi de raccourci et permis d’avoir les mains libres, pour porter un coup de grâce à l’autorité palestinienne, et à son président Arafat, et mater la Syrie qui abrite les différentes sortes de révolutionnaires palestiniens et libanais.Le 26 février, le président George W. Bush avait déclaré que la guerre contre le terrorisme doit se poursuivre et que l’Irak n’était qu’une bataille dans cette guerre. L’Iran, estime-t-il, est le plus dangereux des États terroristes. Il est le créateur du terrorisme islamique moderne, et ensuite vient la Syrie. Celle-ci est accusée, depuis de nombreuses années, de soutenir «l’activité politique, organisationnelle, propagandiste et opérationnelle de nombreuses organisations terroristes », notamment en mettant à leur disposition des locaux pour leurs quartiers généraux à Damas et en leur permettant de développer une infrastructure d’entraînements sur son territoire. D’un autre côté, elle est accusée de leur servir de pays de transit, d’où la nécessité d’un «rappel à l’ordre», humiliant comme celui du 5 octobre. Un mois qui rappelle une victoire oubliée, il y a trente ans. Israël vient, donc, de déclarer la guerre, de manière unilatérale. Aux Arabes et aux Musulmans, alors, de trouver une solution qui convient à leur situation et répond à leurs intérêts. Mais, sont -ils capables d’unifier leurs rangs et leurs paroles et actes ?

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