L’islamisme syndical

L’Union Nationale du Travail au Maroc (UNTM) existe en principe depuis 1973 sans pour autant que son activité puisse aller plus loin que son existence. Il faut dire que l’environnement syndical était très secoué dans les années 70, marqué surtout par une prédominance des centrales classiques. Ce n’est qu ‘en 1996 que l’UNTM va réellement entrer sur scène à l’échelon national lors de la période préparatoire aux élections de 1997, rappelle M.Jamâa Al Mouâtassim membre du bureau national de la Confédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement. L’UNTM connaîtra une adhésion massive des membres de la mouvance islamique et particulièrement ceux du Mouvement Al Taouhid Wal Islah. Le fusionnement de ce mouvement avec le MPCD, parti d’Abdelkrim El Khatib, donnera naissance au parti de la Justice et du Développement (PJD). Cette situation fera en sorte que l’UNTM soit considéré comme pro-PJD. L’UNTM dispose d’un siège à la deuxième chambre du parlement, et se distingue surtout par une structuration étanchée au niveau national notamment dans le secteur de l’enseignement à travers la Confédération Nationale des Fonctionnaires de l’Enseignement. Les premières protestations directes de l’UNTM à l’égard du nouveau gouvernement ont eu lieu les 13 et 14 décembre 2000.
La même centrale allait récidiver, à titre individuel, malgré l’opposition de ses aînées en avril 2001 en observant une grève préventive. Al Mouâtassim explique qu’ils ne sont pas en conflit avec les autres centrales syndicales « Nous luttons pour le cahier revendicatif du corps enseignant sans aucune contre-position envers les autres syndicats » ajoute-t-il. La grève observée par la Confédération depuis lundi 11 février au jeudi 14 a été marquée par un sit-in devant le siège principal du ministère de l’éducation nationale et qui a duré près de deux heures. Il s’agit d’une escalade à l’encontre du gouvernement explique Al.Mouâtassim afin de prendre compte d’une manière positive du cahier revendicatif.
« Les autres syndicats ont reporté la grève en recevant des soi-disant assurances du gouvernement. Or ce dernier dispose d’un porte-parole que nous n’avons jusque-là, pas entendu. » argue-t-il. Al Mouâtassim considère que la grève a réussi à 70% à l’échelon national malgré les pressions des autres centrales qui voulaient la casser coûte que coûte. Et le membre du bureau national d’ajouter que « ce succès obligera le gouvernement à entamer un dialogue sérieux et responsable avec nous ou alors elle risque de se suicider politiquement ». Il reste à signaler que lors du sit-in de mercredi, il n’y avait aucune présence des forces de l’ordre.

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