Litiges à Mohammedia

Depuis le scandale de Logeco qui a éclaté dans les années quatre-vingt, le problème du détournement de l’objet des coopératives de logement n’a cessé de défrayer la chronique. L’affaire Logeco avait pourtant causé d’énormes dégâts chez des centaines d’adhérents qui ont perdu toutes leurs économies qu’ils ont versées pour un chimirique logement.
Le drame de plusieurs familles n’a d’égal que les milliards de centimes qui se sont évaporés dans les poches d’escrocs qui ont pris la clé des champs. Cette malheureuse expérience n’a pas mis la puce à l’oreille aux pouvoirs publics qui ont continué à autoriser la création de ses coopératives. L’Etat n’a pas jugé nécessaire de mettre un garde fou d’ordre juridique, institutionnel ou répressif. C’est ce qui explique la multiplication excessive de ses coopératives dont les dirigeants courent plus derrière des intérêts personnels que collectifs. Il est vrai que face à la grave crise de logement que connaît notre pays, l’Etat a été contraint de vulgariser ce genre d’associations. Mais la facilité déconcertante avec laquelle leurs conseils d’administration détournent l’argent de son véritable objectif a attiré une horde d’escrocs affamés. Il s’en est suivi une recrudescence effarante de dilapidation de l’argent des adhérents partout dans le Royaume.
La ville de Mohammedia, par sa position géographique et sa vocation balnéaire, a attiré de nombreux postulants au logement. Elle est donc devenue par définition une mine d’argent pour tous ceux qui veulent s’enrichir aux dépens des adhérents. Un groupe de personnes émanant d’une ville du centre a atterri dans la cité par le biais d’un agent de l’autorité qui leur a facilité involontairement la tâche de détruire au lieu de construire. L’affaire Essadiq I et II va ouvrir le triste bal des dirigeants de coopératives de logement. Le conseil d’administration qui va gérer les deux coopératives constituées de centaines d’adhérents va finir par passer devant les tribunaux.
D’un jour à l’autre, les membres de ce conseil vont se transformer en actionnaires dans une entreprise qui brasse des milliards. L’équation est simple : le statut juridique de la coopérative va changer pour se transformer en une société anonyme sans que les adhérents n’en soient avisés. Curieux, mais le Tribunal de première instance a donné raison au conseil d’administration sur la base de contrats signés par les adhérents. Ces derniers récusent la véracité de ces documents et interjettent appel devant la Cour de Casablanca qui n’a pas encore statué sur l’affaire.
Le cas de la coopérative Oued Eddahab diffère du précédent mais en fond de toile, elle débouche sur les mêmes ramifications. Le lot de terrain sur lequel devait être bâtis des logements est l’objet d’un litige qui a fait endurer aux adhérents plus de quinze ans d’attente. L’affaire risque de s’éterniser, mais il est curieux que dans ce cas et dans plusieurs autres les membres du conseil d’administration changent complètement de vie. Dans plusieurs coopératives objets de litige, certains de dirigeants sont devenus d’un jour à l’autre des entrepreneurs et ou des hommes d’affaires. L’argent génère l’argent. Légal ou illégal.

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