L’obscurantisme tente d’envenimer le climat festif du Festival Mawazine

L’obscurantisme tente d’envenimer le climat festif du Festival Mawazine

La participation d’Elton John au Festival Mawazine suscite la colère des islamistes. Le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) a déposé, vendredi 7 mai, une demande auprès de la Chambre des représentants appelant à l’interdiction de la participation de ce chanteur britannique au festival et dénonçant «l’accueil qui lui est réservé». «Nous refusons catégoriquement la participation de ce chanteur car cela risque d’encourager l’homosexualité au Maroc», a déclaré à l’AFP, Mustapha Ramid, chef du groupe parlementaire du PJD. La scène de l’OLM Souissi à Rabat devra accueillir Elton Jonh, le mercredi 26 mai. Le chanteur anglais sera, ainsi, au Maroc pour la première fois. De nombreuses stars internationales de la musique sont également en tête d’affiche à Rabat, comme Sting, Mika, Julio Iglesias, BB King ou encore Carlos Santana. «Le problème n’est pas au niveau du chanteur lui-même, mais par rapport à l’image qu’il a auprès de la société», a affirmé, pour sa part, Lahcen Daoudi, secrétaire général-adjoint du parti islamiste, selon la même source. M. Daoudi a fait observer que «la société marocaine a une perception négative de ce chanteur et nous devons la prendre en considération». Le parti islamiste souhaite, ainsi, que le Maroc emprunte le pas aux autorités égyptiennes qui ont décidé récemment d’annuler, à la demande du Syndicat égyptien des musiciens, le concert d’Elton John prévu le 18 mai au Caire en raison de déclarations récentes du chanteur britannique sur l’homosexualité. Et ce n’est pas la première fois que Mustapha Ramid fait des sorties controversées. En octobre 2002, et quelques jours seulement après l’inauguration de la nouvelle législature, Mustapha Ramid a invité le gouvernement à procéder à la fermeture des Centres culturels et des institutions étrangères au Maroc. Le chef du groupe parlementaire du PJD est allé aussi jusqu’à organiser et diriger un sit-in devant une salle de cinéma pour empêcher la prestation artistique d’un humoriste français qu’il accuse de sioniste. L’attitude du PJD a été vivement condamnée par la majorité des acteurs politiques progressistes (voir réactions ci-joint). Il faut dire qu’il ne s’agit pas de la première fois où le PJD joue le trouble-fête des festivals de musique organisés au Royaume. Le parti dirigé par Abdelilah Benkirane avait, à plusieurs reprises, critiqué le festival de musique de la nouvelle scène «L’Boulvard», le qualifiant de «manifestation incitant à la débauche». Ahmed Raïssouni, du Mouvement unicité et réforme, proche du PJD, avait également multiplié les sorties médiatiques en 2004 contre les manifestations musicales. Selon lui, il s’agit en premier lieu «d’actes sataniques qui ne font qu’encourager à la dépravation». Dans le même esprit, Raïssouni avait publié un article dans lequel il a énuméré tous les festivals dont il demande l’interdiction pour être des occasions qui se prêtent à la débauche. «Les festivals de musique et de danse et ce qui s’y passe sont devenus un déluge qui ne laisse rien derrière : le Festival des musiques sacrées de Fès, le «Tanjazz» de Tanger, le festival d’Essaouira de la musique du monde, les Gnaouwa, le Printemps des alizés qui a aussi lieu à Essaouira, Mawazine organisé à Rabat et Salé, le Festival international de Rabat, le Festival d’Alayta à Safi, celui des Abidat Rma à Khouribga et Oued Zem… et ainsi de suite, de Saïdia et Al Hoceima à Ifrane, Agadir et Laâyoune, en passant par tous les lycées, toutes les universités et tous les instituts», avait-il précisé. Interdire les boissons alcoolisées dans les hôtels, mettre fin à une tradition comme la fête annuelle des cerises, sont là aussi quelques exemples des interdits que le PJD véhicule d’un temps à l’autre.

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