L’obstacle de la garantie bancaire

Le logement social est défini par les professionnels comme étant un habitat dont la superficie ne dépasse pas 100 mètres carrés et dont le prix de vente n’excède pas 200 000 dirhams. Dans un pays comme le nôtre miné par la pauvreté et le niveau de vie bas de ceux qui travaillent, ce prix reste inaccessible pour la majorité des Marocains. Force est de constater que c’est à ce niveau que réside l’obstacle de la généralisation des logements économiques.
Le système bancaire étant ce qu’il est aujourd’hui brillant par sa rigidité dans l’octroi des crédits aux gens à revenus moyens, bloque l’élan de l’Etat et des promoteurs immobiliers. Car comme nous l’explique Mohamed Safraoui, délégué général de la fédération générale immobilière, les pouvoirs publics ont balisé le terrain aux promoteurs sauf que le demandeur bute sur l’obstacle de la garantie bancaire : « Le problème du logement social s’est transformé d’une crise d’offre à une crise de demande depuis que les pouvoirs publics ont pris des mesures incitatives en faveur des promoteurs dans la loi de finances de 2001.
L’Etat a accordé une exonération totale au promoteur immobilier si ce dernier réalise 2500 logements sociaux en cinq ans. Depuis, plus de 34 groupes ont adhéré à ce programme avec un cahier de charges bien défini, mais si l’offre répond, la demande ne suit plus. Ce renversement de la tendance s’explique par le fait que la plupart des acquéreurs potentiels de ce type de logement ne disposent pas d’un revenu assez suffisant pour garantir leur solvabilité envers les banques”. la contradiction est déroutante car comment peut-on exiger des garanties à des postulants à la propriété sachant pertinemment que le logement social est destiné à des gens à revenus limités ? Autrement dit, ces couches sociales, qui constituent la majorité de la population, n’auront jamais accès au logement. Ce qui va à l’encontre de la politique de l’Etat et des efforts consentis par les promoteurs privés qui investissent dans des logements imprenables.
Ce qui gêne aux entournures, c’est que la rigidité de notre système bancaire est telle qu’il ne considère pas un logement hypothéqué comme une garantie. C’est tout aussi déroutant. Alors que faire quand personne ne peut obliger les banques à admettre l’hypothèque comme une garantie sachant que ces institutions connaissent une surliquidité patente ? Le délégué de la fédération générale immobilière, Mohamed Safraoui, propose pertinemment des solutions de rechange en attendant le déblocage de cette situation. Il évoque , par exemple, la création d’un fonds de garantie, qui sera alimenté par des prélèvements sur le prix du logement lui-même.
Il estime que cette institution peut fonctionner comme le fonds Hassan II pour devenir un interlocuteur valable des banques. Autrement, M Safraoui conseille de revoir à la baisse le prix du logement social soit par la réduction de la superficie, soit par une refonte du système foncier. Comme le coût des terrains devient de plus en plus inabordable qu’il pèse beaucoup dans le prix de revient, Safraoui préconise que les promoteurs publics (ERAC, Attacharouk) s’orientent vers le réaménagement des terrains. Ce faisant, la courbe du prix du terrain sera maîtrisée dans le sens de la baisse pour se répercuter positivement sur le prix du logement social.

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