L’Occident mise sur l’initiative saoudienne

Malgré la lassitude des Occidentaux, dont les différents plans de paix n’ont même pas réussi à calmer les violences, le plan de paix saoudien à peu à peu fait boule de neige. D’abord réticents, surtout les Américains, les milieux diplomatiques ont finalement décidé de miser sur l’initiative de Riyad, la seule proposition actuelle capable selon eux de résoudre le conflit.
Quelques jours après l’annonce du plan, mi-février, le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, est ainsi envoyé dans les principales capitales du Proche-Orient durant une semaine. Cette tournée se solde par les conclusions du ministre espagnol des affaires étrangères, Josep Piqué, qui déclare le 14 mars que « la situation est terrible mais nous avons une fenêtre d’ouverture, le plan saoudien. Il faut donc un cessez-le-feu immédiat, mais nous devons continuer à travailler ». S’efforçant de rester en étroit contact avec Washington, notamment par l’intermédiaire de Javier Solana qui rencontre M. Bush début mars, les Européens réitèrent donc à plusieurs reprises leur soutien au plan. Notamment lors du sommet des Quinze, à Bruxelles, le 11 mars, puis lors de la réunion de Barcelone, quatre jours plus tard. En marge de ces rendez-vous, le président français déclare même : « ce que je veux noter c’est une lueur d’espoir. C’est la proposition qui a été faite par le prince héritier Abdallah d’Arabie saoudite et sur laquelle j’ai le sentiment que l’ensemble des pays arabes peut se rassembler ». Jacques Chirac souligne alors que « c’est un vrai élément nouveau qui peut être pris en compte par le gouvernement israélien, appuyé par les Etats-Unis et l’Europe ».
Si dans la foulée le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan juge « très important d’envisager très sérieusement » l’initiative saoudienne, les Etats-Unis optent dans un premier temps pour le scepticisme. Relégué à un rôle second, Washington tente tout d’abord de minimiser l’initiative saoudienne. Alors en tournée en Asie, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell déclare que ce projet n’est qu’un document basé sur la résolution 242, adoptée par les Nations unies en 1967, et qu’il manque d’éléments novateurs et de véritable substance. Il faut donc un second texte paru – comme le premier – dans The New York Times, pour que la réaction américaine devienne plus enthousiaste.
Fin février, pressé par l’Union européenne et le monde arabe, Washington souhaite encore voir ce projet « s’étoffer » et envoie son secrétaire d’Etat adjoint chargé du Proche-orient, William Burns, à Riyad. Le président George W. Bush déclare finalement le 11 mars que « les idées récentes mises en avant par le prince héritier d’Arabie saoudite ont créé une ouverture pour discuter du contexte plus large de la paix et de la normalisation des relations entre les Etats arabes et Israël». Et d’ajouter que « les Etats-Unis entendent explorer cette ouverture». Le vote du projet proposé par leurs soins, le 12 mars, au Conseil de sécurité de l’ONU, offre aux Américains, l’occasion de s’associer à l’initiative du prince héritier Abdallah Ben Abdel Aziz.
Une association bienvenue dans les rangs diplomatiques étant donné qu’Arabes comme Européens estiment depuis le début que l’appui des Etats-Unis est indispensable pour faire progresser toute initiative, d’où qu’elle vienne, dans ce conflit. En raison notamment de leur poids diplomatique et de la confiance que leur accorde Israël.

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