Lois électorales : Seuil, liste nationale et découpage… un accord finalement trouvé

Il avait raison de s’accrocher à son point de vue quant à la nécessité d’une démarche basée sur le consensus. Le ministre de l’intérieur, Taib Cherkaoui, a finalement pu trouver un accord entre les partis autour des lois électorales à l’issue d’une réunion tenue vendredi 2 septembre. Fini donc le blocage autour des trois points en suspens, notamment le seuil, le découpage et la liste nationale. C’est ce qu’ont confirmé en tout cas les représentants des différents partis politiques contactés par ALM. Selon Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), «avant d’être soumis au vote du Parlement en fin de semaine, ces projets de lois électorales devront être présentés dans la semaine au Conseil de gouvernement et au Conseil des ministres». La version finale des projets de lois sur les élections fixe le seuil électoral à 3% au niveau national et 6% au niveau local. Aussi, la liste nationale comprendra 90 sièges répartis entre les femmes (60 sièges ) et les jeunes ( 30 sièges) sur un total de 375 sièges au Parlement. Concernant le découpage électoral, les partis se sont mis d’accord sur les principes selon lesquels la province et la préfecture seraient de manière générale le cadre de la circonscription. Par ailleurs, des exceptions pourront être relevées au cas par cas et faire l’objet de décret lors de la discussion au Parlement, a-t-on indiqué. Ainsi les partis avaient le choix entre deux options: des circonscriptions très grandes, ou d’autres plus réduites permettant le rapprochement des élus à la population. C’est dans ce sens que la proposition finale a essayé de rallier les deux approches pour satisfaire le plus grand nombre de partis. «L’accord autour des lois électorales émane également de la volonté manifestée par tous les partis lors de la réunion du vendredi pour dépasser leurs divergences», a indiqué à ALM Mohamed Abied, secrétaire général de l’Union constitutionnel, ajoutant que les discussions ont été empreintes de franchise parce que chaque parti défend sa vision des choses, ses intérêts légitimes et du coup sa stratégie électorale. «Le ministère de l’intérieur aurait très bien pu élaborer son projet de loi et le transmettre au Parlement pour le vote de la majorité, mais il a préféré la voie du consensus pour permettre la participation de tous les partis y compris les minoritaires». Et d’ajouter : «Il ne faut pas qu’on préjuge ces élections avant leur déroulement. Avec une nouvelle Constitution, dont il faut traduire l’esprit, partis et électeurs doivent aborder ces élections avec une nouvelle attitude». Selon Abdelilah Benkirane, secrétaire général du le PJD, son parti a souhaité lors de ces discussions, à l’instar d’autres formations politiques, faciliter le débat et ne pas mettre les bâtons dans les roues. Toutefois cela n’a pas exclu à un moment donné des tensions et un haussement de ton de Abdelilah Benkirane vis-à-vis du ministre de l’intérieur, du PPS et de l’alliance MP, PAM, RNI et l’UC. «Ces lois ne peuvent pas garantir à elles seules le bon déroulement des élections, elles peuvent devenir stériles en l’absence d’une véritable éthique. C’est le sérieux des partis et des candidats qui doit primer», a estimé M.Benkirane.

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