L’ONU quémande un rôle

Kofi Annan entend bien mener tous les efforts possibles pour réintroduire les Nations unies au sein de la crise irakienne. Mise à l’écart depuis le déclenchement de la guerre sans son aval, l’ONU compte se racheter dans la période d’après-guerre. Elle est soutenue en cela par la plupart des pays européens, et surtout par les fers de lance du front anti-guerre comme Paris, Moscou ou Berlin. Le secrétaire général a lui-même effectué une série d’entretiens avec la plupart des représentants des 191 Etats membres – regroupés par régions – de l’organisation internationale. La semaine dernière, Kofi Annan avait ainsi évoqué le fort sentiment de « tristesse » à propos de cette guerre, à l’issue de son entrevue avec le groupe arabe. Selon lui, les nations arabes souhaitent voir de plus grands efforts de la part de l’ONU pour obtenir un cessez-le-feu.
L’objectif immédiat reste cependant plus modeste : il s’agit pour le secrétaire général de reprendre pied en Irak par le biais de l’aide humanitaire, en grande partie gérée par la coalition militaire américano-britannique. Le Conseil de sécurité s’était déjà retrouvé sur cette question le 18 mars dernier en votant en faveur de l’envoi d’une aide en Irak. Cette résolution avait aussi donné à Kofi Annan toute autorité pendant 45 jours sur les contrats « pétrole contre nourriture » rompus le 17 mars. Reste que les prérogatives de l’ONU sont tributaires de l’évolution sur le terrain mais aussi et surtout du bon vouloir des Etats-Unis. Aujourd’hui, la situation de la population irakienne est même jugée « extrêmement précaire ». Selon le président du Comité international de la Croix rouge, elle devrait devenir de plus en plus « préoccupante ». Dans un entretien publié par les Echos lundi, Jakob Kellenberger s’est surtout inquiété des conséquences des combats à Bagdad et Bassorah, la deuxième ville du pays, notamment au niveau des structures d’approvisionnement d’eau ou d’électricité. Le président du CICR a précisé que son organisation avait pris les devants en dépensant, avant le déclenchement de la guerre, 11 millions d’euros, afin de « subvenir aux besoins en matière de santé d’environ 180.000 personnes et de fournir aux hôpitaux le matériel chirurgical nécessaire pour traiter 7.000 blessés de guerre ». Mais cette aide n’a pour l’instant pas pu parvenir à destination, faute de conditions sécuritaires réunies.

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