L’USFP passe à côté de l’avenir

L’USFP passe à côté de l’avenir

Mohamed Elyazghi a été confirmé au poste de premier secrétaire de l’USFP à l’issue du vote du conseil national de ce parti réuni samedi dernier à Rabat. Elyazghi sera toujours secondé par Abdelouahed Radi à la suite d’un vote d’appareil où le conservatisme l’aura largement emporté : sur les 20 sortants, 14 membres de l’ancien bureau politique rempilent. Seuls manquent à l’appel Badiaâ Skalli et Abderrahmane Chennaf qui ont décidé de ne pas concourir en plus de Fattouma Kouddama et Mohamed Karam. Les deux avocats, eux, n’ont pas réussi à arracher leurs sièges. Comme ce sera le cas pour Soufiane Khaïrate, l’ex-secrétaire de la Chabiba, et surtout son successeur Hassan Tarik qui a raté de très près, et de quelques voix, son élection.
C’est ce qui fait dire à un membre du conseil national que tout était verrouillé d’avance surtout, en plus du conservatisme, au vu du nombre des candidatures qui ont atteint 64 pour les 23 sièges. Le fort désir de changement n’a pas été traduit dans les faits par les urnes.
Sur les 245 votants, à bulletins secrets dont six déclarés nuls, Mohamed Elyazghi a recueilli 210 voix suite au dépouillement fait devant tous les membres du conseil national. Le premier secrétaire, pour le nombre des voix, est suivi de son adjoint Abdelouahed Radi, de Fathallah Oualalou et Habib El Malki. Mohamed El Gahs, plébiscité lors du 7ème congrès, bénéficiera d’une autre consécration en arrivant cinquième, mais premier pour les sept nouveaux. Le secrétaire d’Etat à la Jeunesse a ainsi mieux fait que plusieurs pontes de l’USFP habitués aux sièges de la hiérarchie socialiste.
Les six autres « nouveaux » sont Mohamed Lemrini, l’architecte du rapprochement entre USFP et PSD, Mohamed Boubekri, Mohamed Mouhib, Aïcha Belarbi, Amina Ouchelh et Rachida Benmassoud.
Désormais, le bureau politique de l’USFP abrite tous les ministres socialistes de l’équipe Jettou à l’exception de Mohamed Bouzoubaâ. Ce dernier a préféré se retirer de la course après s’être porté candidat dans un premier temps. Les autres « reconduits » sont (par nombre de voix obtenues) Tayeb Mounchid, Abdelhadi Khaïrate, Mohamed Seddiki, Driss Lachgar, Mohamed Guessous, Mohamed El Achâari, Abderrafiâ Jouahri, Abdelkader Bayna, Larbi Ajjoul, Khalid Alioua, Nouzha Chekrouni et Fatima Belmoudden.
La journée de samedi n’a pas été une journée sereine pour le conseil national de l’USFP. Dès le début, c’est l’épineuse question de ne renouveler que le quart des membres du bureau politique qui pèse sur les travaux. Les membres du « Parlement » de l’USFP décideront finalement d’en discuter avant de passer au vote. Ce dernier sera sans appel : la démocratie veut que tout le monde tente sa chance en parfaite égalité devant le suffrage. Après un long débat, la majorité adopte cette dernière résolution coupant ainsi la route devant toute tentative d’éventuel « repêchage » de candidats malheureux parmi les sortants.
Lors du 6ème congrès de l’USFP (mars 2001), décision a été prise de ne permettre à aucun socialiste d’aller au-delà de deux mandats au sein du bureau politique. Une décision aujourd’hui « sacrifiée » sinon cela aurait signifié le départ de la majorité des membres, Elyazghi en tête. L’autre résolution « oubliée » concerne le non-cumul entre la direction du syndicat proche de l’USFP et le mandat de membre du bureau politique pour éviter tout hégémonisme de l’aile syndicale (précédent de Noubir Amaoui). Aujourd’hui encore, Tayeb Mounchid, patron de la FDT, siègera au bureau politique et continuera de présider aux destinées de la jeune centrale syndicale.
Selon le règlement interne de l’USFP, la prochaine et première réunion du nouveau bureau politique devra être consacrée à la répartition des tâches et missions entre ses membres (Communication et presse, relations internationales…) avec d’autres empoignades en perspective vu également que c’est une question qui a toujours été à la source de nombreux problèmes.
Ouvert le 10 juin dernier à Bouznika, les travaux du septième congrès de l’USFP ont commencé sous le signe de la sérénité. Toutefois, les problèmes commenceront avec les préparatifs de l’élection des 251 membres du conseil national (qui supplante comité central et commission administrative). L’option retenue de plusieurs listes a attisé les rivalités notamment en ce qui concerne la liste nationale. La  commission des qualifications, présidée par Khalid Alioua, a mis le feu au congrès en éliminant de la liste des candidatures pour la liste nationale (84 membres) plusieurs noms. Quand le calme reviendra, ce sera encore une autre liste à semer la zizanie pour de bon dans les rangs des socialistes. La célèbre « liste noire », écrite de la main d’un membre du bureau politique élu samedi dernier, demandait aux congressistes à ne pas voter pour plusieurs noms dont Mohamed El Gahs, Mohamed Achaâri et Hassan Tarik, entre autres. Mohamed Elyazghi trouvera d’énormes difficultés à maîtriser la situation surtout face aux jeunes militants de la Chabiba protestant avec force slogans et menaçant de se retirer.
Une fois le vote bouclé pour l’élection du conseil national, le dépouillement prendra une éternité. Deux membres du bureau politique sortant, non satisfaits de la tournure des décomptes, demanderont à ce que le tri soit fait une deuxième fois. Résultat : les travaux du congrès sont prolongés de plus d’une journée. Et aujourd’hui encore, plusieurs mécontents de l’issue de ces travaux demandent à être éclairés sur le nombre de voix obtenues par chacun des 251 membres du conseil national. Chiffres, affirme une source socialiste, que Abdelouahed Radi maintient toujours sous embargo.

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