Lutte antiterroriste au sahel : Le Maroc invité à s’impliquer dans la lutte anti-aqmi

Lutte antiterroriste au sahel : Le Maroc invité à s’impliquer dans la lutte anti-aqmi

La participation du Maroc à la lutte antiterroriste dans la région du Sahel se fait de plus en plus nécessaire. Les Etats de cette région de l’Afrique, marquée par une forte présence d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ex-Groupe salafiste de prédication et de combat algérien, sont conscients de cette urgence. Ils affichent désormais publiquement leur adhésion à cette thèse malgré l’opposition manifeste de l’Algérie à la participation de son voisin de l’ouest dans la lutte coordonnée anti-Aqmi.
Dans le cadre de la réunion, vendredi 20 mai, à Bamako, des ministres des Affaires étrangères du Mali, du Niger, de Mauritanie et d’Algérie pour discuter du «terrorisme et de la criminalité transnationale» au Sahel, le Maroc a été invité à s’impliquer dans la lutte anti-Aqmi. «Des pays qui sont victimes également de terrorisme ou qui ont une expérience en matière de lutte contre le terrorisme comme le Maroc, le Tchad et la Tunisie doivent être des partenaires», a déclaré un délégué malien à cette réunion. Aussi, Mohamed Bazoum, ministre nigérien des Affaires étrangères, a souhaité que d’autres pays que les quatre représentés à Bamako soient impliqués dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Des propos qui n’auraient guère plu à la délégation algérienne présente lors de cette réunion, étant donné qu’Alger refuse l’implication de pays qu’il considère comme «étrangers à la lutte contre l’Aqmi» qui est de ce fait, selon l’approche algérienne, l’affaire des seuls pays du Sahel concernés. Il est plus que jamais clair que le régime algérien s’obstine à vouloir cacher ce qui ce passe dans cette région du monde pour servir ses propres intérêts, alors que la lutte contre la nébuleuse terroriste au Sahel exige une coopération étroite entre l’ensemble des Etats de la région. A noter que l’Algérie tient toujours à sa position intransigeante malgré les mutations profondes que connaît la région, notamment la vague de protestation qui secoue le monde arabe et la mort d’Oussama Ben Laden, leader emblématique d’Al Qaida, avec tout ce que cela pourrait impliquer comme risque de radicalisation des filiales régionales de cette organisation terroriste, notamment Aqmi, dirigée par l’Algérien Abdelmalek Droukdel. L’appel du Niger et du Mali, pourtant membres du commandement militaire conjoint établi à Tamanrasset en Algérie, à l’implication du Maroc montre clairement qu’ils sont de plus en plus convaincus de l’inutilité de l’approche algérienne en matière de lutte anti-Aqmi consistant à monopoliser la gestion de ce dossier. D’ailleurs, la position du Royaume à propos de cette question est claire. Le Maroc demeure convaincu de la nécessité d’une démarche basée sur la conjugaison des efforts et la coordination des actions pour faire face aux défis sécuritaires régionaux. A rappeler que l’Algérie avait refusé de prendre part à la réunion du Groupe d’action antiterroriste des pays du G8 (CTAG) qui avait eu lieu en octobre 2010, à Bamako. Des représentants du G8 (Etats-Unis, Russie, Japon, Canada, France, Grande-Bretagne, Italie et Allemagne), ainsi que de l’Union européenne, la Suisse, l’Espagne et l’Australie avaient participé à cette réunion d’experts consacrée à l’examen des moyens de renforcer la lutte dans le Sahel contre Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), en plus de plusieurs pays de la région notamment le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal et le Nigeria. Aussi, faut-il rappeler que l’Algérie n’avait pas convié le Maroc à prendre part à la conférence régionale sur la coopération en matière de lutte contre le terrorisme de la région sahélo-saharienne qui a eu lieu mardi 16 mars 2010 à Alger. Le Maroc avait déploré cette «réaction négative des autorités algériennes et regretté cette attitude d’exclusion face à une menace pourtant commune et identifiée qui exige nécessairement une réponse concertée et collective au bénéfice de la consolidation de la paix et de la sécurité régionales et de la promotion du progrès et du développement dans toute la sous-région».

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