Main basse sur la ville

Main basse sur la ville

Qui sera le maire de Casablanca pour les six prochaines années? C’est la question que se posent tous les habitants de la capitale économique du pays, depuis l’annonce des résultats des élections communales. La réponse, les casablancais la connaîtront aujourd’hui. La séance de vote est prévue cet après-midi à partir de 15 heures. En fait, la bataille de la mairie a commencé au sein des partis politiques, essentiellement l’USFP, avant même le début de la campagne électorale. Aujourd’hui, ce poste est convoité par deux principaux prétendants: Karim Ghellab pour l’Istiqlal et Khalid Alioua pour l’USFP. Le premier est ministre de l’Equipement et du Transport. Quant au deuxième, il a la responsabilité du portefeuille de l’Enseignement Supérieur. Deux ministres de la majorité gouvernementale s’affrontent ainsi pour un même fauteuil. L’enjeu est de taille. Avant d’en arriver à ce duel, il a fallu pour ces deux candidats de surmonter un certain nombre d’obstacles au sein même de leurs propres formations. La rudesse de ce parcours du combattant n’était pas la même pour les deux hommes. Et pour cause, Khalid Alioua a rencontré une forte résistance de la part des militants usfpéistes de Casablanca. Et pas des moindres. Des membres du Bureau politique du parti d’Abderahman Youssoufi ont été carrément contre la candidature d’Alioua. Mais c’est justement grâce au soutien du premier secrétaire de l’USFP que le nom de ce dernier a été imposé comme candidat du parti à la mairie de Casablanca. Conséquence: Mohamed Karam, membre du bureau politique et député de Casablanca a carrément renoncé à se présenter aux élections communales. L’Istiqlal, par contre, a utilisé toutes ses cartouches dans cette bataille. Plusieurs ténors du parti ont été placés en tête de liste dans les circonscriptions de la capitale économique. C’est le cas notamment de deux ministres, Karim Ghellab et Yasmina Baddou. Cette dernière étant chargée de la Famille, de la Solidarité et de l’Action sociale. Résultat: l’Istiqlal est venu en tête des suffrages avec 19 sièges au conseil de la commune urbaine. Suivi de l’USFP avec 17 sièges. Contrairement à l’USFP, les Istiqlaliens se sont refusés de parler de leur futur candidat à la mairie de Casablanca avant l’annonce des résultats. Mais au lendemain du 12 septembre, le bras de fer entre Yasmina Baddou et Karim Ghellab a commencé. Chacun sollicitait la bénédiction du comité exécutif. La première avait beaucoup d’atouts. Elle est jeune, dynamique et de surcroît, une militante bien ancrée à Casablanca. Quant au second, il a fait ses preuves dans plusieurs ministères et établissements publics. Son principal point faible: il a rejoint les rangs de l’Istiqlal depuis moins d’un an. Ce détail peut paraître anodin, mais bon nombre d’Istiqlaliens lui accordent une importance primordiale. C’est en fin de compte Karim Ghellab qui a été retenu par l’Istiqlal, comme candidat à la mairie de Casablanca. Cet ingénieur a l’intention d’entamer plusieurs chantiers dans la capitale économique du Royaume. Les sujets qui lui tiennent le plus à coeur sont le transport urbain et les infrastructures de base. En tout cas, la tâche sera difficile. Rien n’est déjà gagné pour Ghellab, car les tractations se poursuivent toujours. Mais jusqu’à présent il est pratiquement sûr de remporter le fauteuil du maire. Ses principaux soutiens ne sont autres que le PJD, avec 16 voix et l’Union Constitutionnelle (11 sièges) dont le chef de file est Mohamed Sajid, grand industriel de Casablanca. Si le soutien du PJD était quasiment acquis pour l’Istiqlal (compte tenu de l’animosité qui règne entre le PJD et l’USFP), celui de l’UC n’était, par contre, pas évident. Et pour cause, Mohamed Sajid était lui-même candidat à la mairie. Il avait même réussi, à un certain moment, de rallier autour de lui, les élus du PJD. Quelques jours plus tard, la vapeur s’est renversée. Sajid est devenu un allié de Ghellab. Ce dernier aurait même promis à Sajid le poste de 1er vice-président. Quant à la 2ème vice-présidence, elle pourrait revenir à un autre parti qui soutient la candidature de Ghellab, en l’occurrence le PJD. En tout cas, l’élection du maire de Casablanca aura prouvé, encore une fois, que la coalition gouvernementale n’a pas réussi le test de l’homogénéité. Chaque formation défend ses propres intérêts. Certains parlent déjà de la dislocation annoncée de la majorité. En cas de remaniement ministériel, un des deux partis, l’Istiqlal ou l’USFP, pourrait ne pas être sollicité.

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