Marketing spirituel

Rite musulman à haute valeur spirituelle, la Omra se mue, souvent, en occasion rêvée de conclure des affaires et se faire des dents dans le business, commerce s’entend. Et ils sont légion, surtout des femmes, à profiter de la Omra pour acheter des produits, soit rares au Maroc, soit avec une marge favorable à littéralement importer des produits commercialisés en Arabie Saoudite et dont une certaine clientèle marocaine raffole. Il s’agit particulièrement de l’or, dont les 24 carats brillent davantage aux yeux de nos Marocaines que les pauvres 18 carats locaux. Et ce n’est pas tout. Les tissus, l’électroménager –en perte de vitesse pour cause de dynamisme du marché local- et bibelots de luxe font partie des incontournables. Historiquement connues pour des villes d’échanges de marchandises et de commerce, La Mecque et Médine procurent à l’Arabie Saoudite des mannes d’argent d’énorme. Et pour cause, les achats que l’on y effectue. Avec trois de ses fils qui travaillent en Arabie Saoudite, Fatima El Ouardi est une habituée des Lieux Saints. Ses déplacements se limitent à quelques jours par année où elle effectue soit le Haj soit la Omra et de se ravitailler. «Je suis à chaque fois étonnée du nombre et de la qualité des produits qui déferlent sur ce pays. Il y a de tout et dans toutes les gammes» déclare-t-elle. On a donc que l’embarras du choix, et des objectifs fixés. Si certaines se contentent de se procurer des produits (notamment les tissus) à très bas prix – sans être très regardant sur la qualité – et les revendre à deux ou trois fois le prix, une fois rentrées, d’autres visent encore plus haut. Hajja Khaddouj, femme de notable, est de celles-là. Elle en est à sa septième Omra et, à chaque fois, c’est des tissus de luxe, dont le prix dépasse 5000 à 6000 Dh la pièce. Sa spécialité : les nouvelles tendances du marché. Pour elle, c’est une question de mode. Pour vendre, la seule technique valable reste le door-to-door auprès des voisines, cousines ou autres clientes qui auraient entendu parler de la Hajja. Le bouche à oreille travaille et devient alors très efficace pour ces femmes-là. A l’approche de l’Aïd, plusieurs sont celles qui restent à l’affût de la nouvelle : Hajja Khaddouj est de retour de la Omra avec taffetas, soieries, crêpes de Chine ou tout autre tissu de bonne qualité. Ce pays recèle plusieurs avantages fiscaux. Concurrence oblige, les prix sont également tirés au plus bas. Il n’existe pas de taxes sur les produits de consommation. Il y a aussi l’image de marque, nettement plus reluisante de tout ce qui vient du Golfe, perçu jusqu’à preuve du contraire comme un produit de luxe que se permettent seuls les pétrodollars. Idéal pour garantir sa marge et être sûr de pouvoir vendre. L’habit ne fait pas le moine. Celui du Haj ou Mouatamir non plus.

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