Maroc : 17 milliards DH pour l’eau potable

Maroc : 17 milliards DH pour l’eau potable

Cet été aura été la saison de tous les records. C’est le cas notamment pour la consommation d’eau potable. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) annonce une saison estivale exceptionnelle en termes de production et de distribution d’eau potable à travers le Royaume.

Selon l’ONEE, ses services ont garanti au cours de cet été un approvisionnement en eau potable dans l’ensemble des villes et centres du Royaume, tant au niveau urbain que rural, malgré de fortes chaleurs, allant jusqu’à 46°C comme température maximale. Selon les responsables de l’Office, ces fortes chaleurs ainsi que les afflux importants d’estivants ont entraîné des augmentations exceptionnelles de la consommation en eau potable auxquelles l’Office a su faire face en satisfaisant les besoins exprimés.

«Toutes les grandes villes du pays pour lesquelles l’Office assure la production d’eau potable pour le compte des distributeurs (régies et concessionnaires) n’ont pas connu de perturbations du service grâce à une mobilisation sans faille de l’ensemble des équipes techniques de l’Office astreintes 24h/24h et disposant des moyens techniques et logistiques nécessaires pour la gestion et la surveillance des installations et les interventions sur le terrain», expliquent-ils.

Tout comme l’électricité, la demande sur l’eau potable ne cesse d’augmenter d’année en année. L’ONEE déclare dans ce sens que durant la dernière décennie, la production d’eau potable de l’Office a crû de plus de 3% en moyenne annuelle contre une évolution de l’ordre de 1,6% durant la décennie 1990-2000. Et pour faire face à cette demande croissante, un plan d’action s’étalant sur la période 2013-2016 a été élaboré avec des investissements de l’ordre de 16,9 milliards de dirhams (MMDH) dans le but de garantir le renforcement de l’alimentation en eau potable en milieu urbain et la généralisation de l’accès à l’eau potable en milieu rural.

Ce plan d’action, qui s’inscrit dans le cadre de la poursuite des efforts de l’Office visant l’amélioration des services d’alimentation en eau potable, comprend des cibles précises, à savoir la pérennisation, la sécurisation et le renforcement de l’alimentation en eau potable en milieu urbain pour un montant de 12,4 milliards de dirhams.

«Ces efforts devraient permettre d’augmenter la capacité de production de l’Office de 18,6 m3/s dont plus de 90% seront produits à partir des ressources superficielles ou par dessalement, d’améliorer le rendement des installations de production à 95,6% et ceux de la distribution à 76,5% contre respectivement 94,8 et 72,3% atteints à fin 2012 et de porter le taux de branchement à 97%», indique le management de l’ONEE dans un communiqué.

Quant au milieu rural, l’Office a prévu un budget de 4,5 milliards de dirhams pour faire évoluer le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural à 96% et intervenir dans la gestion du service de distribution de l’eau potable au niveau d’environ quatre-vingt centres ruraux. L’Office entend ainsi rassurer l’opinion publique sur sa capacité à répondre à la demande actuelle et future même si les responsables reconnaissent l’existence de certaines contraintes liées à une répartition spatio-temporelle inégale et l’impact des changements climatiques qui commencent à se faire sentir.

 

Dessalement

Dans le cadre de la planification des projets d’alimentation en eau potable et à défaut de ressources en eau conventionnelles, l’Office intègre le dessalement de l’eau de mer et la déminéralisation des eaux saumâtres comme options pour satisfaire la demande en eau. Le Maroc a fait le choix du dessalement comme alternative depuis plusieurs décennies pour répondre à la demande de la population dans certaines regions où les ressources hydriques restent limitées en comparaison avec les besoins des habitants.
Le premier projet dans ce sens remonte à 1976, où l’Office a réalisé la première unité à Boujdour, plus d’une dizaine de stations de dessalement ont été mises en service, principalement à Laayoune, Boujdour, Tarfaya et Tan Tan. Un grand projet de dessalement, d’une capacité de 100.000 m3/j est actuellement en cours d’adjudication, dans le cadre d’un partenariat public-privé, pour le renforcement de l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Agadir et ses régions.

Planification

Le programme d’investissement de l’Office découle d’un processus de planification visant à assurer la continuité du service public, et ce dans les meilleures conditions de qualité et de coût, et en adéquation avec les stratégies sectorielles et les orientations gouvernementales. Ce processus s’opère selon une méthodologie opérationnelle qui permet d’identifier les projets, leur programmation ainsi que les données techniques et financières qui s’y rapportent.
Pour la période 2001-2012, un investissement de 26,2 milliards de dirhams a été réalisé, permettant une desserte optimale de la quasi-totalité des localités du pays malgré les nombreuses contraintes auxquelles fait face le secteur.
En effet, les ressources en eau sont caractérisées par une répartition spatio-temporelle inégale et une raréfaction accentuée conjuguée à une surexploitation massive des ressources en eaux souterraines, observe l’ONEE.

Le Maroc : Un cas d’école

Fort de tous ses acquis, le Maroc a depuis plusieurs décennies constitué un véritable cas d’école à l’échelle continentale et régionale, puisqu’il a largement dépassé les objectifs du millénaire en ce sens où le milieu urbain a été intégralement alimenté dès la moitié des années quatre-vingt dix et qu’en milieu rural, la politique de généralisation de l’accès à l’eau potable a permis de faire accéder aujourd’hui 93% de la population rurale à cette denrée vitale. C’est ainsi que le taux national d’accès à l’eau potable (population urbaine et rurale) est passé à plus de 97%. La politique poursuivie par le Maroc au lendemain de l’Indépendance du pays au milieu des années cinquante du siècle dernier se base notamment sur la construction de barrages et a considérablement concouru à faire du Royaume un veritable modèle sur l’échelle mondiale à suivre. A noter enfin que la situation géographique du pays le met en première ligne face aux variations météorologiques et aux changements climatiques, sans oublier que les régions sud du Maroc sont marquées par un climat sec et une faible pluviométrie.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *