Maroc : Le boycott des syndicats

Maroc : Le boycott  des syndicats

Le dernier round du dialogue social à la veille du premier mai avait été boycotté par la majorité des centrales syndicales. Le dialogue n’avait jamais atteint un tel point de rupture entre le gouvernement et les syndicats depuis plusieurs années. Plusieurs raisons avaient poussé les syndicats à décliner l’invitation de l’Exécutif.

Les centrales reprochaient notamment aux responsables d’adopter une approche unilatéraliste dans plusieurs dossiers. De même, le boycott des syndicalistes était destiné également à afficher leur mécontentement quant au déroulement et la méthodologie des réunions du dialogue social entre les partenaires sociaux.

Pour eux, ces réunions se limitaient le plus souvent à les informer sur les décisions déjà prises par le gouvernement sans aucune consultation préalable avant d’engager des discussions autour de ces décisions sans possibilité de prendre en compte les remarques des syndicats. Aujourd’hui, la situation n’a pas beaucoup changé selon les centrales syndicales qui promettent une rentrée sociale très chaude pour le gouvernement.

Ceci est d’autant plus vrai que l’Exécutif  entretient des relations froides, voire conflictuelles avec au moins trois des cinq syndicats en l’occurrence la CDT (Confédération démocratique du travail) et la FDT (Fédération démocratique du travail), tous les deux proches de l’USFP (Union socialiste des forces populaires), un parti d’opposition. Le troisième syndicat est l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc), dirigé par Hamid Chabat, également secrétaire général du parti de l’Istiqlal.

Ce dernier avait, quelques mois auparavant, décidé de quitter la majorité en raison de divergences avec son principal allié le PJD (Parti de la justice et du développement). L’UGTM s’était distingué le 1er mai dernier avec une marche importante à Rabat contre la politique sociale du gouvernement alors que l’Istiqlal était encore membre de la majorité gouvernementale.

Pour sa part, l’UMT, l’un des syndicats les plus puissants du pays, commence à hausser le ton donnant des signes d’impatience. Reste enfin l’UNTM (Union nationale du travail au Maroc) qui est très proche du PJD mais dont les dirigeants tentent de prendre ses distances par rapport à certaines décisions gouvernementales sans nul doute de peur de perdre leur crédibilité.

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