Marrakech : la spéculation foncière bat son plein

Marrakech est une ville où il fait bon vivre. En plus des milliers de touristes qui viennent y résider l’espace de quelques jours, la ville ocre est devenue une destination exotique pour capitaux jet-setteurs essentiellement dans le domaine de l’immobilier.
Un grand intérêt est particulièrement accordé aux riads, maison d’hôte et autres demeures anciennes. Pour des sommes allant de 700.000 à 1.500.000 dirhams pour un riad à rénover et environ 2.000.000 de dirhams pour un riad remis à neuf, un Européen en manque de dépaysement peut s’offrir une maison des Mille et Une Nuits. Bab Doukkala, Riad Larouss et Dar El Bacha sont les exemples de quartiers marrakchis qui regorgent de ces demeures. Les chiffres sont éloquents à ce sujet.
Tout au long de l’année 2004, les autorités de la ville ont eu à délivrer quelque 886 autorisations de construction d’immeubles de trois étages et plus, soit une moyenne de 3 autorisations par jour, outre l’octroi de plus de 2.000 autorisations pour la construction d’habitats individuels dans différentes circonscriptions de la ville. Cet essor n’est pas sans se répercuter sur le prix de l’immobilier à Marrakech. A titre d’exemple, et selon des chiffres recueillis auprès d’agences immobilières de la ville ocre, le prix du mètre carré dans un quartier comme Guéliz a doublé lors des cinq dernières années. . L’Hivernage connaît la même situation puisque ce quartier devient peu à peu un quartier où grands hôtels et grands appartements donnent le ton. Le prix du mètre carré s’en ressent automatiquement. Néanmoins, et en dépit de cette dynamique à laquelle contribuent efficacement les promoteurs immobiliers, il convient de noter l’existence d’un certain nombre de problèmes que les différents intervenants ont résumé dans l’absence d’une définition précise des responsabilités des différentes parties concernées par les opérations de construction. A ceci s’ajoutent le grand nombre d’intervenants dans ce secteur et la lenteur dans le traitement des dossiers.
En plus du résidentiel, la ville de Marrakech connaît une grande dynamique de lutte contre l’habitat insalubre. C’est que les bidonvilles s’y sont, en effet, installés en parallèle de la floraison de l’activité économique, même s’ils ne sont pas très nombreux. Les autorités locales, ERAC et délégation du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme en tête, sont conscientes du danger que pourraient représenter ces quartiers anarchiques. Un plan d’action entre dans le cadre du programme « Villes sans bidonvilles ». Une nouvelle ville verra carrément le jour aux portes de Marrakech pour faire face à la demande accrue en logements. Tamansourt est ainsi prévue sur une superficie totale de 1180 hectares pour un budget de 10 milliards de dirhams. Ce méga-projet se divise en deux secteurs.
Le premier s’étend sur 506 hectares et s’articule autour d’un centre de grande importance où existent plusieurs types d’habitats, divers équipements de quartiers, des équipements industriels et touristiques, tous au service de la gestion et de fonctionnalité urbaines. Quant au second secteur, il s’étale sur 674 hectares et est construit autour de deux centres, respectivement à vocations administrative et commerciale et de services.

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