Mawazine n’a pas reçu de subventions publiques depuis 2010

Mawazine n’a pas reçu de subventions publiques depuis 2010

À quelques mois de la 11ème édition du Festival de Mawazine, un membre du Parti de la justice et du développement (PJD) crée encore une fois le buzz. Et pas des moindres ! Il s’agit de Lahbib Choubani, ministre chargé des relations avec le Parlement et la société civile, qui dans un entretien accordé au quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum n’a pas hésité à afficher sa réticence face au plus grand rendez-vous musical du Maroc, dont le président n’est autre que Mohamed Mounir Majidi, secrétaire particulier du Roi. Motif implicitement soutenu par M. Choubani : le festival est incompatible avec la bonne gouvernance. Le ministre a formulé plusieurs interrogations, se demandant s’il est compatible avec la bonne gouvernance qu’un festival financé par des deniers publics soit organisé et diffusé sur les chaînes nationales au moment où les diplômés sont au chômage, les régions enclavées n’ont même pas de quoi se chauffer, et les élèves et les étudiants sont en préparation d’examens. Ces questionnements ne font que réitérer l’opposition ferme que manifestait autrefois le PJD. La réaction du ministre Pjdiste, par rapport à ce sujet, a fait planer l’incertitude. Faut-il décaler les dates de Mawazine ou bien carrément le bannir de l’agenda culturel du Maroc ? Une question qui préoccupe l’opinion publique, notamment qu’il s’agit de la première édition organisée sous l’ère d’un gouvernement conduit par le PJD. A l’autre bout du couloir, les organisateurs du festival se trouvent en position de force. Le festival a cessé de percevoir depuis 2010 les subventions publiques qui n’étaient que de l’ordre de 6%. Rétorquant au ministre, les initiateurs de Mawazine soulignent que «Lahbib Choubani se croit toujours dans l’opposition. Il n’est pas conscient qu’à travers sa position il engage l’ensemble du gouvernement». L’association Maroc Cultures qui veille depuis onze ans à l’organisation du festival a apporté quelques précisions dans ce sens. «Il est erroné d’affirmer que Mawazine est financé par des deniers publics. Le modèle économique de Mawazine permet de générer des recettes, grâce à la billetterie, la vente de cartes qui donnent accès à tous les concerts, la vente d’espaces publicitaires durant la diffusion de spectacles sur les trois chaînes de télévision et l’apport du sponsoring», souligne Aziz Daki, directeur artistique du festival, précisant que «ni la ville ni la région ne donnent un seul dirham au Festival Mawazine». M. Daki informe les opposants que «Mawazine est l’un des rares festivals au monde à faire de l’octroi des droits télé une condition sine qua non pour y prendre part. L’audimat des concerts transmis place toujours le festival parmi les dix programmes les plus regardés pendant le mois de mai au Maroc. Lesquels concerts sont offerts gratuitement aux chaînes marocaines». La polémique autour de Mawazine nous mène à cogiter sur le devenir des activités culturelles au Maroc. Les festivals seraient-ils en voie de disparition ou bien la balance penchera-t-elle en faveur d’une culture riche, plurielle et diversifiée ?

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