Méditerranée : le Maroc adhère aux autoroutes de l’énergie

Le projet Transgreen s’apprête à voir le jour dans  le pourtour méditerranéen. Ce vaste réseau sous la Méditerranée permettra d’acheminer vers le nord l’électricité issue de l’énergie solaire produite au sud. Dans ce sens, les dirigeants d’une douzaine de grands groupes énergétiques ont signé à Paris un protocole d’accord en vue de la création d’un partenariat baptisé «Transgreen», pour examiner la faisabilité d’un tel projet. Selon l’AFP, ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan solaire méditerranéen, initiative de l’Union pour la Méditerranée (UPM, 43 pays) qui a été lancée en grande pompe en 2008 à l’initiative du président Sarkozy, mais qui patine depuis au niveau politique, en raison des tensions israélo-palestiniennes. Menée par EDF, Transgreen compte parmi ses membres les groupes français Areva, Alstom, les espagnols Abengoa et RED eléctrica, ou encore l’allemand Siemens. «L’objectif de cette structure, qui disposera dans un premier temps d’un budget modeste de 2 à 3 millions d’euros, n’est pas d’investir dans les infrastructures mais de promouvoir ce type d’interconnexions», a expliqué André Merlin, président du Conseil de surveillance d’ERDF et RTE, filiales d’EDF. Et de poursuivre que «C’est le Maroc qui semble le plus intéressé par le projet». En effet, le Maroc ne cesse de manifester son engagement pour le développement énergétique. «Le projet marocain de l’énergie solaire» vient couronner les efforts du Royaume et fera du pays un acteur de référence dans le solaire. Décidé conformément aux Hautes directives royales, ce projet de grande envergure concerne la mobilisation des ressources nationales en énergies renouvelables et la préservation de l’environnement. Lancé en novembre 2009, sous la présidence effective de S.M le Roi Mohammed VI, ce projet intégré de production électrique à partir de l’énergie solaire, vise la mise en place en 2020 d’une capacité de production électrique à partir de l’énergie solaire de 2.000 MW sur cinq sites.  A termes, le projet permettra d’économiser en combustibles  1 million de tonnes équivalent pétrole et d’éviter l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2. A noter que Transgreen prévoit la construction, d’ici 2020, au sud et à l’est du bassin méditerranéen, de capacités de production d’électricité renouvelable, notamment solaire, de 20 gigawatts (GW). Sur ce total, environ un quart (5 GW) serait exporté vers l’Europe. Selon l’AFP, Transgreen se fixe comme objectif de proposer un schéma  directeur pour la mise en place technique et économique d’un  réseau de transport  d’électricité par lignes sous-marines et de promouvoir un «cadre institutionnel favorable» aux  investissements et à la rentabilité des projets sur la rive sud. Selon ses concepteurs, Transgreen est complémentaire du projet Desertec, initiative allemande qui compte une vingtaine de partenaires et vise à créer d’ici 40 ans un vaste réseau d’installations éoliennes et solaires en Afrique du nord et au Moyen-Orient, censées fournir à terme jusqu’à 15% de la consommation d’électricité de l’Europe.

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