Mehdi Mezouari : «Un vent de changement doit souffler sur les orientations de l’USFP»

Mehdi Mezouari : «Un vent de changement doit souffler sur les orientations de l’USFP»

ALM: La question de la Chabiba Ittihadie sera largement débattue lors du Conseil national de l’USFP prévu ce week-end. Quel sera l’apport de ce conseil pour la jeunesse ?
Mehdi Mezouari: Cette question est relative à l’ordre du jour du Conseil national qui prévoit plusieurs points notamment le rapport politique et la mise en œuvre des décisions du dernier congrès du parti dans son volet organisationnel. La question de la Chabiba doit forcément être inscrite à l’ordre du jour dans le cadre d’une approche globale du dossier de la mise à niveau du parti. Mais il n’y a pas que la question de la Chabiba qui doit être débattue largement mais plusieurs questions se rapportant à la pertinence du discours, à l’efficacité de l’appareil et à la proximité de la structure. Bref, toutes les questions qui concernent le présent et l’avenir de l’USFP. Nous voulons ouvrir un débat clair, sérieux et réaliste sur les grands problèmes du parti, notamment la question de la mise à niveau organisationnelle. La question de la Chabiba vient à la tête des questions qui doivent être traitées car c’est un secteur très important par la force des choses. J’espère que les débats de ce week-end seront le point de départ vers un horizon nouveau du parti encadré et mené par une génération nouvelle pour déboucher sur une vision claire. Car la Chabiba ne peut avoir une vision claire sans la visibilité globale du parti. C’est un jeu de complémentarité qui doit s’opérer entre la jeunesse et le parti.

On dit qu’un nouveau vent de changement souffle sur la jeunesse. Qu’en pensez-vous ?
Le nouveau vent de changement doit souffler sur tout le parti, notamment ses idées, ses orientations et ses grands débats pour que ceci puisse se répercuter de manière positive sur la jeunesse. En fait, ce nouveau vent devait souffler il y a très longtemps. Un nouveau souffle dans la gestion, les méthodes de travail et la visibilité. Les dirigeants de la Jeunesse Ittihadie sont bien formés et bien encadrés et ils travaillent jour et nuit pour le bien du parti. Ainsi le changement doit s’opérer au niveau de l’USFP, au niveau de ses élites, de ses structures et de son discours. Il ne s’agit pas de question de soumission mais d’organisation qui montre que la Chabiba est une composante très importante dans le paysage de l’USFP.

La jeunesse socialiste revendique une plus grande indépendance vis-à-vis du parti. Pourquoi ?
Il s’agit là d’une revendication qui a été toujours à l’ordre du jour. Ce qui nous manque aujourd’hui c’est que nous n’avons pas fait une bonne lecture de l’histoire de la jeunesse. La question de l’indépendance a toujours été soulevée tout au long du parcours de l’organisation à l’exception de la période de gestion de Abdelhadi Khairate qui était une période de fondation et de construction et a servi à éclairer le parti sur plusieurs questions. En fait, il y avait toujours une relation de conflictualité entre les dirigeants de la jeunesse et le parti. Certes, il nous faut aujourd’hui un peu d’indépendance qui soit calculée. Il ne faut pas qu’il y ait trop de distance. La Chabiba appartient à l’USFP. Ses orientations dépendent des orientations et des grandes directives du parti. Ainsi, il faut qu’il y ait indépendance au niveau de la prise de décision. Ce que nous revendiquons, en tant que nouvelle génération de la jeunesse, c’est d’avoir une indépendance par rapport aux orientations subjectives des dirigeants du parti. Ce n’est pas l’indépendance revendiquée du temps de Mohamed Sassi. Nous avons conçu un nouveau concept de complémentarité par rapport aux structures de l’USFP.

Pensez-vous que la jeunesse Ittihadie a besoin d’une refonte de ses structures ?
Le problème actuel de la jeunesse Ittihadie se situe dans son architecture organisationnelle. Le dernier congrès a donné certes une leçon dans la pratique démocratique en matière d’élection des structures dirigeantes mais nous nous sommes trompés sur la faisabilité systématique des instances de direction de la jeunesse. Sous plusieurs influences, on a voulu importer un modèle de gestion sans avoir pris la peine de réfléchir profondément et de concerter sur les probabilités de réussite et les marges d’échec. Ce modèle consiste à exclure le comité central et le remplacer par le conseil national élargi. Nous nous sommes trouvés dans la confusion d’avoir une instance composée de 31 jeunes, une instance à la fois exécutive et délibératoire. Nous avons en quelque sorte eu un amalgame sur les attributions de cette instance. Il faut faire maintenant une grande réflexion sur les structures de l’organisation. Dans l’avenir, nous procéderons à une refonte des structures pour déboucher sur des structures homogènes.

Actuellement, une partie de la jeunesse Ittihadie revendique la tenue sans tarder de son huitième congrès, tandis qu’il y a une autre tendance qui préfère temporiser. De quel côté êtes-vous ?
Je considère qu’il s’agit là d’un faux débat. Au sein de notre organisation, il n’y a pas de distinction entre ceux qui veulent tenir le congrès à temps et ceux qui veulent temporiser. Je suis pour l’idée qu’il faut toujours mettre en place un grand chantier de réflexion pour réussir un congrès surtout dans une période de crise, une période où la Chabiba est entièrement en panne. Je considère qu’il faut se pencher sur un vrai débat au sein du bureau national, puis on doit tenir une séance du Conseil national de la jeunesse et par la suite ouvrir un débat au sein des localités de la Chabiba. Un débat sur le volet organisationnel puis un débat sur les orientations futures. Il y a également une composante qui doit participer au débat c’est le parti lui-même. Le parti a un rôle historique à jouer dans la refonte de l’organisation. Ainsi, je suis pour la tenue du congrès en 2010 mais pas avant de faire des grands compromis objectifs pour garantir la réussite du congrès.

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