Mesures exceptionnelles au port d’Agésiras pour éviter un nouveau débordement

Critiquée pour son "manque de prévision" suite au chaos enregistré durant le week-end du 23-24 décembre dernier, l’autorité portuaire d’Algésiras a décidé d’activer un dispositif similaire à celui mis en oeuvre habituellement lors de l’opération de transit qui se déroule entre le 15 juin et le 15 septembre de chaque année.

Des dizaines de milliers de Marocains d’Europe ont décidé de se rendre au Royaume saisissant la coïncidence des vacances scolaires de fin d’année avec la fête de l’Aid Al Adha célébrée le 31 décembre.
Des milliers d’entre eux sont restés bloqués pendant 48 heures dans le port d’Algésiras à cause de l’insuffisance du personnel du port et des agents des services de sécurité espagnols, dont la plupart avaient pris des vacances pour célébrer les fêtes chrétiennes de Noël.

Le système d’interchangeabilité des billets entre les différentes compagnies de transports maritimes assurant la traversée entre le Maroc et l’Espagne n’était pas opérationnel -puisqu’il est appliqué uniquement pendant l’opération de transit d’été-, ce qui a compliqué la situation.

Le comité chargé de l’opération de transit a procédé à une évaluation du nombre de personnes et de véhicules qui devraient passer par les ports du sud de l’Espagne à la fin des vacances et pris les dispositions qui s’imposent pour éviter une nouvelle situation de blocage.

Le dispositif qui sera maintenu jusqu’au 7 janvier au port d’Algésiras et jusqu’au 8 janvier au port de Sebta, prévoit l’augmentation du nombre d’agents chargés de l’orientation et de l’assistance dans le port, ainsi que la mise en oeuvre du système d’interchangeabilité des billets entre les différentes compagnies de transports maritimes.

Le gouvernement autonome d’Andalousie, en collaboration avec les mairies d’Algésiras et de Los Barrios, a réservé des parcelles additionnelles qui seront utilisées comme des zones de pré-embarquement pour dégager l’accès au port, comme il a décidé de mobiliser davantage d’éléments des forces de sécurité pour éviter tout incident.
Entre le 22 et le 25 décembre dernier, quelque 76.461 RME et 24.451 véhicules ont conflué vers le port d’Algésiras pour traverser vers le Maroc, soit le triple du nombre des personnes qui ont transité par ledit port au cours de la même période des dernières années.

Suite à l’énorme embouteillage qui a paralysé tous les accès au port, le président de la Fédération Espagnole des Entités Religieuses Islamiques (FEERI), Mohamed Amine, Felix Herrero de son nom espagnol, a exigé la démission du responsable de l’autorité portuaire d’Algésiras pour ce "grave manque de prévision qui a généré, selon lui, une situation inhumaine pour des milliers de personnes".

"Des milliers de personnes sont bloqués dans une situation de chaos total, les agents de la police espagnole ont brillé par leur absence, alors que les services sociaux sont inexistants. C’est intolérable", avait dénoncé dans une déclaration à la MAP, M. Herrero, également bloqué au port alors qu’il se dirigeait au Maroc.
Même son de cloche chez l’Association unifiée de la Garde Civile qui a critiqué "le manque de prévision" de l’autorité portuaire d’Algésiras, estimant que cette situation était parfaitement prévisible et nécessitait la mise en marche d’un dispositif adéquat.

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