Ministère des Finances : le Maroc maintient un rythme de croissance positif malgré la crise mondiale

«La capacité de résistance aux chocs s’est renforcée». C’est une bonne nouvelle que ce commentaire fait par les analystes de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans la dernière note de conjoncture internationale pour le mois de mai.
Pour preuve, cette résistance se ressent du fait que le taux de croissance global a maintenu son niveau. Celle-ci est «restée positive en dépit des tensions sur les prix des produits de base et la mauvaise campagne agricole en 2007», précise la même source à ce sujet.
Ce constat, d’ailleurs, a également permis aux analystes de rester optimistes quant aux perspectives de l’année en cours, les considérant «pour l’ensemble favorables», telles qu’ils les désignent dans le document en question.
Au-delà de cet aspect, les analystes considèrent de même que ces attentes «devraient confirmer les effets induits sur les mutations structurelles de l’économie nationale», estiment-ils, ajoutant que ce scénario est valable même si «certains secteurs demeurent aux prises à de fortes tensions concurrentielles», citant l’exemple du   secteur du textile comme étant l’un des segments par excellence qui évolue sous le coup de la concurrence internationale.
Il est certain que la conjoncture internationale ne facilite pas la réalisation de la stratégie de développement dans laquelle s’est engagé le Maroc, comme tout pays émergent. Deux éléments reviennent, en effet, dans toutes les analyses depuis quelques temps.
Le pétrole, pour sa part, dont les cours signent des hausses conséquentes depuis des mois a dopé la facture pétrolière du Maroc, la tirant à 8,13 milliards de dirhams à fin mars 2008, soit une appréciation de l’ordre de 68,9% comparativement à la même période de l’année précédente.  
«Cette évolution est la conséquente d’une augmentation du volume importé de 9,3% et d’une hausse du prix moyen de la tonne importée de 54,5%», explique-t-on à la DEPF. A noter que le prix du baril importé par le Maroc est ressorti à 100,7 dollars en mars, contre un cours mondial moyen de 103 dollars/baril. Les dépenses ont pris un gros coup aussi en relation avec la facture céréalière. Celle-ci a atteint 5,48 milliards de dirhams à fin mars dernier. En bon consommateur de pain, le Maroc a vu ses importations de blé arriver à l’ordre de 4,3 milliards de dirhams, arretés à fin mars 2008, alors que ce même compartiment affichait un montant de 998 millions de dirhams à l’issue du premier trimestre de l’année dernière. Troisième incidence de la conjoncture internationale sur le Maroc. La DEPF évoque, à cet égard, la revue à la baisse des perspectives de l’agence internationale de notation Standard & Poor’s (S&P). En effet, l’agence avait, en avril dernier, changé sa notation souveraine du Maroc la faisant passer de Positive à Stable.
«Cette action s’explique, selon l’agence S&P, par l’ampleur des risques baissiers qui pèsent sur l’économie marocaine», indiquent les analystes.
En guise de repères, rappelons la décision de la Fed, le 30 avril dernier, de réduire son taux directeur de 25pb pour le ramener à 2%. «Le communiqué ayant suivi cette décision laisse entendre que l’autorité monétaire américaine devrait faire une pause dans son cycle de détente monétaire engagé depuis l’été dernier», note la même source. Sur le registre énergétique, Le prix du baril du Brent demeure à un niveau élevé, atteignant un nouveau record historique à 116,6 dollars le 25 avril 2008, avant de se détendre à 113 dollars à la fin du mois. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, la tendance n’a pas été inversée et ne semble pas se préparer à fléchir. Une enquête de Reuters auprès des analystes internationaux a montré, la semaine dernière, que la production des pays extérieurs à l’Opep avait stagné ces derniers temps et qu’elle devrait rester inférieure à 50 millions de barils/ jour jusqu’à la fin de l’année. Les analystes soulignent que la faiblesse persistante du dollar aide à soutenir les prix du brut. De fait, au niveau international, la peur d’un ralentissement de la demande provoquée par la crise financière et ses conséquences sur l’économie réelle n’est pas suffisante pour stopper l’élan du prix du baril.

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