Mohamed Benhamou : «L’instabilité a des répercussions sur le comportement des investisseurs»

Mohamed Benhamou : «L’instabilité a des répercussions sur le comportement des investisseurs»


ALM : Comment analysez-vous l’impact des révoltes arabes sur l’économie de la région ?
Mohamed Benhamou : La stabilité politique et sociale compte beaucoup pour les investisseurs. L’instabilité politique et sociale dans un pays ou une région a des répercussions sur le comportement des investisseurs. Elle développe des éléments de risque qui poussent les investisseurs à ne pas se lancer complètement dans des marchés qu’ils considèrent à risque. Les bouleversements politiques dans la région arabe viennent se greffer à d’autres fragilités et risques déjà existants dans cet espace. Ceci a eu et aura une conséquence sur les investisseurs dans cette région. Tant que la situation ne donne pas des signes d’apaisement et de retour à la vie normale et tant que ces dynamiques et ces fièvres sont en cours on va voir les marchés arabes de plus en plus pénalisés.

Quels sont selon vous les secteurs les plus touchés par cet impact ?
On a vu déjà des saisons touristiques gâchées et beaucoup de pays qui comptent sur le tourisme dans leur économie ont fait les frais, notamment l’Egypte, la Tunisie et d’autres. Les touristes s’orientent vers des pays plus stables comme la Turquie et la Grèce. Le risque plane aussi sur les grands investissements qui étaient en cours dans certains pays et qui sont maintenant suspendus et qui finiront malheureusement par être annulés.

Certains estiment que le processus de démocratisation nécessite normalement des sacrifices en matière économique. Qu’en pensez-vous ?
L’élan démocratique et la démocratisation des pays de la région sont une nécessité pour avoir des Etats démocratiques qui agissent dans la transparence et dans le respect des règles de la bonne gouvernance. Mais ce changement doit se faire dans la sérénité et la raison. Les bouleversements quels qu’ils soient affectent l’image des pays et la confiance que les investisseurs étrangers peuvent avoir dans ces pays.

Qu’en est-il de l’impact sur le Maroc?
Les ondes de choc des bouleversements en Afrique du Nord ont atteint le Maroc sans qu’il ne soit l’épicentre de ces ondes. Certes, la situation au Maroc diffère de ce que connaissent certains pays de la région, mais les agitations sociales minimes que connaît le Maroc pèsent sur les investisseurs même s’ils ont la capacité et les moyens de relativiser ce mouvement minoritaire de contestation et même s’ils ont confiance dans les réformes politiques, économiques et sociales que le Maroc a engagés.

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