Mohamed Bouz : «Soit les partis appliquent la démocratie interne, soit ils n’ont plus lieu d’exister»

ALM : Peut-on dire qu’un changement s’opère dans  plusieurs partis marocains qui tiennent leurs congrès en 2012 ? 
Mohamed Bouz : Je crois qu’on assiste depuis un certain moment, à une relative évolution de la vie partisane au niveau de l’organisation interne. Ainsi la démocratie interne qui faisait défaut à plusieurs partis et qui constituait un réel problème est, peu à peu, devenue une exigence. Même si on ne peut toujours pas dire que c’est devenu la règle.  En tout cas, ce changement qui s’opère au niveau organisationnel chez les partis est lié à plusieurs facteurs. Il est question d’un aspect juridique, notamment la nécessité de se conformer aux dispositions des lois sur les partis est que de plus en plus de voix s’expriment au sein des partis eux mêmes et refusent la logique du leader providentielle, sacré et inspiré. Désormais, ils refusent l’idée du leader despote, du candidat unique, du référentiel unique, de la plate-forme unique…

Le vent du printemps arabe a-t-il aussi impulsé un souffle pour faire évoluer la démocratie interne des partis ? 
Il faut avouer qu’il y a toujours des résistances au sein de quelques formations politiques. Mais cela dit,  les dirigeants des partis n’ont plus le choix. Aujourd’hui, soit les partis appliquent la démocratie interne dans son essence, soit ils n’ont plus lieu d’exister. Ainsi cette démocratie ne se limite plus à un niveau formel notamment celui des élections internes, mais elle doit permettre l’accès au centre de la décision à plusieurs franges sociales, notamment, les jeunes et les femmes. Parce qu’on ne peut pas édifier une véritable démocratie interne avec les mêmes visages qui, hier, s’accaparaient le pouvoir, et refusaient de le partager.
Ainsi les partis n’ont plus le choix, c’est ou la démocratie interne ou un destin vers encore plus de distance par rapport à la société, étant donné que leurs liens avec la rue et leur légitimité sont déjà  faibles.

Peut-on dire que le PJD, de par sa meilleure organisation, a donné une leçon aux autres partis ?
Le PJD est un parti très bien organisé, ave une vision claire, un programme et un idéal politique qui peut fédérer,  mais cela ne veut pas forcément dire qu’il est le meilleur exemple  en ce qui concerne la démocratie interne. Pour cause, le fait que la parti n’offre pas la liberté à ses adhérents de se porter candidat à la direction du parti. Je dirais que plusieurs partis de gauche se distinguent au niveau de la démocratie interne, en présentant plusieurs alternatives  au niveau des candidats et des plates-formes. Le RNI avait également, en 2006, permis une vraie concurrence autour de la direction du parti, ce qui était une surprise.

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