Mohamed Darif(*) : «Cette initiative affirme le pouvoir du CNDH»

Mohamed Darif(*) : «Cette initiative affirme le pouvoir du CNDH»

ALM : Dans quel contexte intervient cette grâce royale ?
Mohamed Darif : Il y a une conjoncture dans laquelle prennent part des forces politiques, le mouvement du 20 février, les militants des droits de l’Homme qui ne se contentent pas de revendiquer des réformes institutionnelles mais appellent à des mesures d’accompagnement pour crédibiliser le processus de démocratisation et exprimer la volonté de clore le dossier des détenus politiques. Ainsi la grâce royale s’inscrit dans ce contexte. Elle a, à mon avis, pour effet de crédibiliser le processus de réforme engagé avec le discours du 9 mars. C’est aussi un message adressé à ceux qui expriment leur crainte et leur doute à l’égard de la Commission consultative de révision de la Constitution et pointent des doigts le «conservatisme» de ses membres. C’est aussi une initiative accordée à la demande du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) qui vient rompre avec l’expérience du CCDH et affirmer son pouvoir décisionnel du CNDH.

Quel est votre commentaire par rapport à la grâce accordée à ces cinq détenus dans l’affaire Belliraj ?
Est-ce que cette grâce (qui n’est pas un acquittement) veut dire que les autorités reconnaissent l’aspect politique du procès Belliraj ? Et puis dans cette affaire, il y avait 35 membres arrêtés. Quel sera le sort des autres dont l’inculpation n’a pas un caractère politique. Est-ce qu’ils bénéficieront du procès équitable dont l’absence a été pointée par tous depuis le début de l’affaire ? Ce sont-là des questions que je me pose et auxquelles les autorités devraient répondre.

Qu’en est-il des salafistes ?
On ne peut pas instaurer une nouvelle ère de réforme institutionnelle et politique marquée par les respect des droits de Homme, la garantie et l’élargissement des libertés individuelles et collectives si on ne résout pas ce dossier des salafistes. Aujourd’hui, leur nombre atteindrait les 800. On ne parle pas de la minorité criminelle d’entre eux qui légitime le recours à la violence. Mais, il y a la catégorie de ceux arrêtés à cause de leur opinion, ou encore celle des détenus en marge des attentats du 16 mai 2003 sans qu’il y ait de preuves accablantes.

(*) Politologue.

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