Mohamed Darif : Que pèse le ministère de l’Intérieur après 10 ans de nouveau règne ?

Mohamed Darif : Que pèse le ministère de l’Intérieur après 10 ans de nouveau règne ?

ALM : Depuis l’intronisation de SM le Roi Mohammed VI, on a commencé à parler d’un nouveau concept de l’autorité et d’un changement profond qui s’opère au sein du ministère de l’Intérieur. Que se passe-t-il sur ce stade, à votre avis?
Mohamed Darif : Je pense que ce qui est très important c’est que l’image du ministère de l’Intérieur a changé aux yeux des Marocains. Auparavant, du temps de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, tout le monde parlait de la «mère» des ministères et non pas un ministère parmi d’autres. Tout le monde était convaincu que le ministère de l’Intérieur faisait absolument tout. Il déterminait les politiques culturelles et médiatiques, créait les partis politiques et les associations, élaborait les cartes électorales… On ne parlait pas à l’époque de Driss Basri d’un ministère de l’Intérieur mais d’une institution plus grande que les ministères. Dès l’intronisation du Roi Mohammed VI, il a été décidé d’essayer de changer cette vision. On assiste, ainsi, de plus en plus, à un ministère qui fait son travail en matière d’accomplissement des fonctions administratives et de préservation de la sécurité du pays. Ainsi, depuis la destitution de Driss Basri en novembre 1999, l’image a commencé à changer. Les personnes qui ont été désignées après cette date pour assurer le poste de ministre de l’Intérieur étaient des personnes normales.

Des profils plus ordinaires ?
Ce sont des  personnes qui n’avaient surtout pas le poids de Driss Basri aux yeux de l’opinion publique.
Le premier ministre de l’Intérieur à être nommé à ce poste après le départ de Driss Basri était Ahmed Midaoui, puis Driss Jettou, puis El Mostpha Sahel suivi pas Chakib Benmoussa. Toutes ces personnes ont passé très vite par le poste de ministre de l’Intérieur contrairement à Driss Basri qui a chapeauté le ministère pendant plus de 20 ans. On assiste depuis lors à un ministère de l’Intérieur sous un nouveau visage. Désormais, ce département n’est plus celui qui monopolise mais qui opère une certaine répartition des fonctions. Alors que les fonctions à caractère sécuritaire ont été confiées à un secrétaire d’Etat puis un ministre délégué en la personne de Fouad Ali El Himma. 

C’est une division du travail  ou un redéploiement stratégique?
On assiste, en fait, à un ministère de l’Intérieur avec deux têtes. Un ministère de l’Intérieur chargé de la gestion des collectivités locales et tout ce qui s’en suit et un ministre délégué chargé des affaires d’ordre sécuritaire. Ainsi, l’image ne cesse de changer. En fait, depuis l’intronisation du Roi Mohammed VI et à partir du moment où on a commencé à parler du changement, toutes les forces politiques ont commencé à parler de la manière avec laquelle le changement peut être opéré après une longue période durant laquelle Driss Basri a été pratiquement le bras droit de feu Hassan II. Tout le monde se demandait quel pourrait être le coup politique d’une telle démarche. Mais les marocains ont réussi finalement à déboucher sur le changement. 
Quel bilan faites-vous du travail accompli par le ministère de l’Intérieur durant la dernière décennie?
Une question trop vaste. Mais, si on parle en termes de bilan, on peut dire que le ministère de l’Intérieur a commencé à communiquer avec l’opinion publique. C’est un point très important. Il y a désormais un gouverneur au sein du ministère de l’Intérieur chargé que de la communication. On constate également que le ministère de l’Intérieur communique avec les forces politiques, notamment les partis politiques ou les présidents des communes. A l’heure actuelle, c’est un pas très positif. En dehors de cela, on assiste à un ministère de l’Intérieur qui coordonne avec les autres départements, contrairement à ce qui se passait auparavant, où l’Intérieur éclipsait le travail des autres ministères. Aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur accomplit sa fonction tout en coordonnant avec les autres.

Avons-nous un exemple précis de cette coordination ?
L’exemple le plus typique dans ce cadre est la coopération qu’il y a entre le ministre de l’Intérieur et le ministère des Habous et des Affaires islamiques en matière de lutte contre le terrorisme et l’intégrisme. L’un appréhende la question d’un point de vue confessionnel et l’autre d’un point de vue sécuritaire. Plus largement, le bilan se rapporte également au nouveau discours adopté par l’Intérieur qui garantit une certaine transparence. En ce qui concerne les dernières élections, on constate que le ministère de l’Intérieur n’intervient plus dans les résultats des élections. Et même les partis politiques qui ont critiqué la gestion faite par ministère de l’Intérieur des élections, ont en réalité critiqué sa «neutralité négative». Je pense qu’en ce qui concerne ce dernier point, il y a la loi qui garantit à tout le monde de recourir à la justice pour faire valoir ses droits. C’est un problème qui concerne les partis politiques qui doivent choisir les bons candidats et d’éviter d’accréditer des gens qui sont connus pour leurs pratiques frauduleuses lors des élections, notamment l’usage de l’argent sale. En dehors de cela, on peut évoquer l’attitude du ministère de l’Intérieur à l’égard des partis politiques. Chacun sait qu’actuellement il est plus aisé de fonder un parti politique qu’auparavant. Le Maroc compte aujourd’hui 33 partis politiques. J’ai la conviction qu’un nombre important de partis qui existe actuellement n’aurait pas obtenu l’autorisation du temps de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri. Auparavant, les considérations purement politiques prévalaient en matière de demande d’autorisation pour la création d’un parti politique, alors qu’actuellement on ne s’intéresse qu’au volet juridique.

Y a–t-il des aspects plus techniques concernant l’évolution de ce ministère.
Sous cet angle, il faut évoquer également le rôle de l’Inspection relevant de ce département et qui entame des investigations et élabore des rapports se rapportant au contrôle des communes. C’est le cas, par exemple, de l’affaire Belkora l’ex-maire de Meknès ou l’affaire de la construction illégale de Lahraouiyine. Cette nouvelle approche du ministère de l’Intérieur est à même d’instaurer une nouvelle culture du questionnement. On peut évoquer dans ce cadre le cas du wali de Marrakech, qui a été destitué suite à un rapport élaboré par une commission d’investigation dépêchée par l’Intérieur, constatant des problèmes au niveau de la gestion. Je pense que d’une manière globale, le bilan du travail accompli par le ministère de l’Intérieur est un bilan positif vu la conjoncture actuelle du Maroc marquée par des problèmes et des contraintes d’ordre socio-économique. Le ministère de l’Intérieur fait son travail, coordonne avec les autres départements. Nous avons des élections qui sont organisées régulièrement. 

Sur le plan sécuritaire, le rendement de l’appareil a-t-il évolué?
Ce qu’il faut noter, c’est que la  sécurité et la stabilité du pays sont assurées. En dehors des attentats du 16 mai 2003 et les attentats spectaculaires de 2007, la stabilité du pays n’est pas menacée. Les forces de sécurité ont réussi à démanteler environ 60 cellules depuis 2002. C’est une réussite pour le ministère de l’Intérieur. Concernant les collectivités locales, le ministère de l’Intérieur a adopté un nouveau discours en favorisant la politique de l’accompagnement sur celle de la tutelle, c’est les aider à gérer la chose locale. En plus, afin d’encourager la représentativité féminine, le ministère de l’Intérieur a alloué des fonds. C’était la première fois que le Code électoral adopte un seuil de représentativité des femmes égale à 12%. Et le ministère de l’Intérieur a essayé d’accompagner cette démarche en encourageant des projets de partis politiques ou d’associations à même de promouvoir la présence des femmes au sein des conseils locaux. Récemment, lors des élections locales, il y a eu également une décision qui a été prise à l’encontre des agents de l’autorité dont la neutralité était douteuse. Il y a eu également une circulaire conjointe entre le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice pour assurer la moralisation de l’opération électorale.

L’activisme du PAM dans le champ  électoral n’a-t-il pas un peu gêné ce ministère ?
Certes, lors des élections, la victoire du PAM a suscité la polémique. Plusieurs observateurs ont avancé le fait que le ministère de l’Intérieur l’a épaulé. Je pense que ce n’est nullement le cas. Le PAM a réussi les élections par des méthodes traditionnelles. Le PAM s’est basé sur des notables qui ont réussi à obtenir des sièges. Mais il est difficile de qualifier le PAM de parti majoritaire car il n’a pas obtenu plus de 50% des voix. Le score obtenu par le PAM était très proche de celui obtenu par le PI, le RNI et l’USFP. Si nous prenons en considération tous ces points on constate qu’il y a un travail positif. Les Marocains constatent, désormais, que le ministère de l’Intérieur est un ministère quand les autres. Mais cela n’empêche pas comme même qu’il y a des dysfonctionnements à corriger. 

Certains affirment que le ministère de l’Intérieur est encore plus présent dans la vie politique nationale qu’auparavant à partir du moment où c’est lui qui parraine les opérations électorales, la mise en œuvre de l’INDH, les négociations sur le Sahara, etc.  Comment expliquez-vous cela?
Le ministère de l’Intérieur assure actuellement une omniprésence douce dans la vie politique, à la différence de ce qui se passait auparavant du temps de Driss Basri. Il faut garder à l’esprit que les prérogatives du ministère de l’Intérieur sont globales. Le fait qu’il soit présent dans la vie politique est très normal. Par exemple, en ce qui concerne l’opération électorale c’est le ministère de l’Intérieur qui reçoit les candidatures, partage les fonds de soutien et assure le contrôle de l’élu à travers le pouvoir de tutelle étant donné qu’il est difficile pour le conseiller local d’avoir une vision stratégique claire sans un accompagnement du ministère de l’Intérieur. En ce qui concerne l’INDH, c’est le message royal de 2005 qui a confié au ministère de l’Intérieur la mission de mise en œuvre de cette initiative nationale. L’application de l’INDH devait être confiée à un ministère très fort et très présent à travers ses représentants locaux. 

Plus précisément, que pensez-vous de la gestion des dernières élections communales par le ministère de l’Intérieur?
Je pense que la gestion faite par le ministère de l’Intérieur des élections communales a été positive. Certes, il y a des violations de la part de certains, mais c’est normal. Les personnes qui se sont senties lésées dans leurs droits ont porté plainte devant la justice. Chacun sait que toutes les dispositions de la loi contiennent des sanctions et des pénalités. C’est-à-dire que le législateur connaît d’avance que les dispositions de la loi seront transgressées par des contrevenants. C’est normal. Par ailleurs ce qui peut constituer une anomalie, c’est le fait qu’il n’y ait pas de poursuites judiciaires à l’égard des contrevenants. L’on a constaté lors du scrutin local qu’un nombre important de plaintes a été porté devant la justice. Il relève du rôle des partis politiques d’assumer leurs responsabilités  en matière de moralisation de la vie politique, en luttant contre tous ceux qui utilisent l’argent sale et violent la déontologie des élections. 

Les organisations internationales de protection des droits de l’Homme ne cessent de mettre l’accent sur des violations des droits des individus. Que peut-on reprocher au ministère de l’Intérieur dans ce cadre?
Tout d’abord, il faut dire que nous n’avons pas besoin des organisations internationales pour qu’elles viennent nous dire qu’il y a des violations. Nous avons nos propres associations des droits de l’Homme qui font leurs investigations et élaborent par la suite des rapports sur la situation des droits de l’Homme au Maroc. C’est le cas de l’AMDH ou de l’OMDH, entre autres. S’agissant du rôle du ministère de l’Intérieur dans ce cadre, je dirais que la question qui se pose est celle de savoir quelle est l’autorité de ce département dans ce sens? Peut-on dire que le ministère de l’Intérieur contrôle les services de sécurité? Ceux qui parlent de violations évoquent dans la majorité des cas la Direction de la surveillance du territoire (DST). Est-ce que le ministre de l’Intérieur a un pouvoir sur ce département? Sincèrement, je ne le crois pas. On ne va pas juger maintenant la DST, parce que pour cette structure prévaut parfois la raison d’Etat et le souci d’assurer la stabilité de l’Etat. Mais il est certain que le ministère de l’Intérieur ne peut nullement contrôler la DST. Dans les affaires se rapportant, par exemple, au terrorisme, les PV sont pour la plupart élaborés par la DST et la PJ ne fait que les légaliser. Là on voit clair que le ministère de l’Intérieur ne peut pas contrôler la DST. Il y a un autre problème qui se pose dans ce cadre. On parle toujours du nouveau règne et de la nouvelle ère. Dès son intronisation, le Roi Mohammed VI a été très clair et il a bien défini les objectifs. Il faut garder à l’esprit le nouveau concept d’autorité mis en place en octobre 1999, qui met l’accent sur la nécessité d’humaniser les relations entre l’individu et l’administration, c’est-à-dire qu’on a besoin de voir nos services sécuritaires humanisés. Mais le problème ne se pose plus en matière d’objectifs mais au niveau des moyens.

Justement est-ce que vous pensez que nos services ont les moyens matériels en ressources  et humains  notamment en formation pour faire face à cette mission?
Je peux affirmer qu’aujourd’hui nous avons un déficit des moyens. Une bonne partie du personnel qui gère les services de sécurité n’est pas initiée à la culture des droits de l’Homme mais plutôt des méthodes classiques et caduques de gestion qui, selon eux, se justifient par la nécessité de préserver la sécurité de l’Etat. Les objectifs étant clairs, faudra-t-il encore que les moyens adéquats seront mis en place afin d’instaurer les bases du respect de l’Etat de droit. A la dimension des objectifs et des moyens s’ajoute la perspective de l’environnement et de l’entourage. Chacun sait que l’instauration du nouveau règne a coïncidé avec un contexte international marqué par une vague d’actes terroristes. C’est le cas des attentats du 11 septembre 2001 de New York et ceux du 16 mai 2003 de Casablanca. Donc l’environnement n’était pas favorable. Ainsi des violations flagrantes des droits des individus ont eu lieu sous prétexte de protection de la sûreté de l’Etat. Cela dit, il faut affirmer que rien n’est en mesure de justifier la violation des droits. Les droits de l’Homme ne doivent pas être sacrifiés à l’autel de la stabilité de l’Etat. 

Il y a eu un débat à propos de la naissance du parti Authenticité et Modernité.  Est-ce que ce Parti a été soutenu par le département de Chakib Benmoussa lors des dernières élections ? Qu’en pensez-vous?
Je suis convaincu que le PAM est un projet politique qui représente l’ambition de Fouad Ali El Himma et ses co-dirigeants. Je ne crois pas que le PAM soit épaulé par le Palais ou le ministère de l’Intérieur. Pour moi, le PAM est un parti qui a bénéficié du vide politique et du déficit de l’action partisane au Maroc. El Himma a également bénéficié de son expérience au sein du ministère de l’Intérieur. Il a eu ainsi accès à énormément de données à propos de la carte politique et il a réussi, en outre, à installer ses fidèles dans des postes clés de l’Etat. Je ne crois pas en plus que le score obtenu par le PAM était lié à un soutien éventuel du ministère de l’Intérieur. Ce sont les méthodes utilisées par le PAM qui lui ont permis d’obtenir ce score. Chacun sait que le PAM a tablé sur une élite des notables et des cadres de partis politiques prêts. C’était là un premier facteur. Le deuxième facteur qui a fait la force du PAM c’est qu’il a tablé sur le monde rural. Ainsi, parmi les 6015 sièges obtenus par le PAM lors du scrutin local, 700 sièges seulement ont été obtenus dans les villes et tout le reste dans le monde rural. Les partis politiques ont toujours souffert de ce point. Si on prend en considération ces deux facteurs, il nous paraît évident qu’il n’y a pas eu, par exemple, de décision centrale prise par le ministère de l’Intérieur au niveau central pour soutenir le PAM. Certes, il y a eu des cas d’agents d’autorité ou certains responsables régionaux qui ont soutenu certains candidats du PAM. Mais il faut préciser que ces agents d’autorité n’ont pas soutenu le PAM en tant que tel mais des candidats du PAM qu’ils ont toujours eu l’habitude d’épauler même au moment où ces personnes se présentaient aux élections sous les couleurs de l’UC ou du RNI par exemple. Mais ça n’empêche pas que ces agents doivent faire l’objet de poursuites.

Au lendemain des événements qui ont marqué l’élection du  président du conseil d’Oujda et la protestation du PJD, le ministère de l’Intérieur a fait un communiqué qui dénonce durement le PJD. Quelle lecture faites-vous de cette démarche inédite du département de Chakib Benmoussa ?
Il s’agit là d’une erreur commise par le ministère de l’Intérieur. Le ministère de l’Intérieur ne doit pas contribuer aux adversités politiques entre les partis. Il doit jouer le rôle de régulateur. Chaque parti a le droit de demander à l’Intérieur d’enquêter sur des faits qui entachent l’opération électorale. A partir du moment où le PJD a affirmé que ses militants ont fait l’objet de pressions, le ministère de l’Intérieur ne devait pas prendre de position sans dépêcher une commission d’enquête afin d’établir la vérité de ce qui s’est réellement passé à l’image de ce qui s’est passé à Marrakech. Maintenant si le ministère affirme que le PJD essaie de jouer le rôle de la victime, c’est en réalité ce ministère qui l’aide à le faire. Les gens disent qu’à Marrakech il y a eu des violations et il y a eu intervention du ministère de l’Intérieur et destitution du wali et qu’à Oujda il y a eu des violations mais il n’y a pas eu intervention. C’est une erreur du ministère de l’Intérieur, puisque c’est lui qui donne dans ce cas au PJD l’image de la victime.

Que s’est-il passé réellement à Marrakech?
Les lectures de ce qui s’est passé à Marrakech lors des élections locales dans cette ville divergent. Une partie des élites affirment que la destitution du wali de cette ville entre dans le cadre de la confrontation entre deux clans, celui de Majidi et celui d’El Himma. Toujours selon cette même lecture, on dirait que Mounir Chraîbi, l’ex-wali de Marrakech, faisait partie du clan de Majidi et qu’il allait entraver les plans du PAM dans cette ville surtout après que ce parti a arraché le poste de maire en la personne de Fatima Zahra Mansouri. Selon moi, cette vision des choses relève de la pseudo-analyse de certains. Certains diraient par ailleurs que la question de Marrakech a commencé de poser des problèmes se rapportant aux technocrates. Chacun sait que dès l’intronisation du Roi Mohammed VI, on a commencé à jouer la carte des technocrates. On disait qu’il fallait encourager les technocrates et on a commencé à parler de bonne gouvernance. Mounir Chraîbi est un technocrate puisqu’il était directeur de la CNSS. Certains commencent à s’opposer à cette nouvelle approche et à dire que le temps de Meziane Belfkih, selon eux était à la base de cette nouvelle tendance, est révolu. Et qu’il faut désormais revenir aux juristes formés au sein du ministère de l’Intérieur. Je ne suis pas non plus avec cette vision mais ça reste une lecture parmi d’autres.

Certains observateurs ont affirmé que Chakib Benmoussa n’a pas fait partie de la délégation marocaine de négociation à Vienne parce qu’il serait partant . Qu’en dites vous?
Au Maroc on s’attache souvent aux lectures et aux analyses symboliques. C’est vrai que certains ont affirmé que Chakib Benmoussa a été convoqué par Moulay Rachid ou que le Roi Mohammed VI ne serait plus satisfait de sa prestation. Mais je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses. Chakib Benmoussa a assisté aux quatre rounds officiels de négociation de Manhasset. C’était un message clair du Maroc. On a dit à la communauté internationale que la question du Sahara est une affaire interne pour le Maroc bien qu’elle soit soumise aux Nations Unies.
M. Benmoussa n’a pas assisté à Vienne, car ces rencontres n’étaient pas officielles. Il ne s’agissait même pas de négociations. Les discussions de Vienne sont une manœuvre de l’émissaire onusien Christopher Ross pour gagner du temps étant convaincu que les parties allaient camper sur leurs positions. Il ambitionnait en plus de mieux connaître ses interlocuteurs. Donc la rencontre de Vienne était plus psychologique que politique. Elle ne nécessitait ni la présence de Chakib Benmoussa ni la présence du président du Corcas, Khelli-Henna Ould Errachid.

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