Mohamed Majd : l’efficacité distinguée

Mohamed Majd : l’efficacité distinguée

Allure modeste, regard nostalgique. Mohamed Majd fait partie de ces acteurs qui aiment la discrétion. Mais derrière cette modestie et ce calme apparent se cache un acteur que plusieurs observateurs de la scène artistique qualifient de talentueux. Mohamed Majd force le respect par la force de son caractère et ses interprétations dans nombre de films. C’est l’avis de plusieurs cinéastes parmi lesquels Ismaël Ferroukhi qui a fait appel à lui pour son casting dans son film «Le grand voyage». Un long-métrage dans lequel Majd  joue le rôle du père de Reda, un jeune garçon qui vit un conflit de génération avec son père. «Lorsque j’ai observé la manière de jouer de Mohamed Majd dans une production étrangère, je me suis tout de suite dit que c’était l’acteur qu’il me fallait pour mon projet», déclare Ismaël Ferroukhi. Ce réalisateur a eu un coup de cœur pour son interprétation. C’est ce même coup de cœur qui a entraîné le jury de la huitième édition du Festival national du film de Tanger à lui décerner le premier Prix d’interprétation masculine.
Une consécration accueillie avec beaucoup de joie par l’intéressé. «Je ne peux qu’être satisfait et heureux d’avoir été primé durant ce festival», a-t-il indiqué. Cependant, Mohamed Majd n’a pas manqué de souligner que «Le grand voyage» méritait une meilleure consécration. «Ce film mérite le Grand Prix car beaucoup d’efforts ont été déployés par l’équipe du film, j’ai été un peu déçu», avoue Majd. Contrairement à ce qui se raconte un peu partout, Mohamed Majd n’est pas un autodidacte. Sa passion pour le théâtre et le cinéma lui a été inculquée durant son séjour à Paris dans les années 60. «J’ai effectué des études au Conservatoire international du cinéma français (CICF) pendant trois années successives», raconte Mohamed Majd. Une période que cet acteur qualifie de difficile vu les préjugés de l’époque. Ce fut non sans peine qu’il poursuit son chemin vers une carrière cinématographique. «J’ai dû rentrer au Maroc à cause de certains problèmes familiaux, mon père voulait que je retourne au pays, il était contre cette idée de faire du cinéma». Ce refus du père n’a cependant pas empêché Majd de réaliser son rêve: devenir un grand acteur. C’est ainsi qu’en 1963, la télévision marocaine fait appel à ses services et lui ouvre ses portes. Objectif : jouer dans le premier télé-feuilleton diffusé par la radio télévision. Intitulé «Sacrifice», cette œuvre de 16 épisodes était filmée «live». Majd parle de ce téléfeuilleton comme étant un défi relevé par toute l’équipe composée de quatre réalisateurs. «Sacrifice était le premier téléfeuilleton diffusé par la radio-télévision marocaine, il était filmé en direct dans différents décors», se rappelle un Mohamed Majd nostalgique. Cette expérience télévisuelle a révélé Majd aux professionnels du théâtre et du cinéma à l’époque. «Cette œuvre m’a offert plusieurs opportunités de travail», raconte-t-il. En 1968, le réalisateur M’jid Rchich lui a demandé de jouer dans son court-métrage «Forêt». Ce film a été son premier rôle au cinéma. Par la suite, il sera contacté par plusieurs réalisateurs étrangers. «J’ai participé dans quelques films italiens ». Majd ne donnera pas beaucoup de détails sur cette période. En fait, la véritable fierté de cet acteur est celle d’avoir joué dans des films de son pays natal. «J’ai eu plusieurs propositions même dernièrement pour jouer dans des films français et italiens, mais, j’ai refusé catégoriquement certaines séquences que j’ai trouvées un peu trop osées», explique Majd. Et d’ajouter : «je ne veux pas me séparer de mon pays et des traditions dans lesquelles j’ai été éduqué». C’est cet idéal qui a poussé Majd à rester au Maroc et à n’accepter que les propositions venant de certains cinéastes marocains qu’il considère comme étant les meilleures. Dans cette liste figurent entre autres Nabil Ayouch, Daoud Oulad Sayed, Ismaël Ferroukhi. Majd admire aussi d’autres talents de la nouvelle génération et avec lesquels il accepterait volontiers de camper un rôle dans un de leurs films. Parmi eux Nourredine Lakhmari et Kamal Kamal. Le cinéma est clairement affectionné par Majd. Néanmoins, le théâtre n’est pas en reste». «J’ai un véritable amour pour le théâtre. Le théâtre c’est ma vie», Majd a participé dans les années 70 dans plusieurs pièces de théâtre. Cet acteur estime que ce n’est qu’en 2000 que sa carrière cinématographique a vraiment pris son envol. C’était dans le film «Ali Zaoua» de Nabil Ayouch. Aujourd’hui, Majd se prépare à jouer dans une production de Latif Lahlou. Une autre proposition lui a été faite par Nourredine Lakhmari et Daoud Oulad Sayed. Une preuve que Majd a le vent en poupe auprès de plusieurs réalisateurs.

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