Mohamed Meskaoui : «90% des parlementaires sont des analphabètes en finances»

ALM : Quelle analyse faites-vous de la gestion faite par les autorités publiques des recettes et des dépenses publiques?
Mohamed Meskaoui : Le budget de l’Etat est l’outil de développement et d’amélioration des services par excellence. L’élaboration du projet de loi de finances constitue une occasion pour nous d’ouvrir le débat sur les méthodes de gestion du Budget. Nous estimons que le Budget général du Maroc connaît plusieurs dysfonctionnements. L’Etat doit mettre en œuvre le concept de Budget ouvert qui veut dire que les discussions à propos du Budget ne doivent pas mettre à l’écart les partenaires sociaux et associatifs. En ce qui concerne les recettes, l’Etat doit garantir la justice au niveau de l’impôt. En ce qui concerne les dépenses, il faut assurer une meilleure protection des biens publics.

Quelles sont vos observations à propos de l’élaboration de la loi de finances?
Nous estimons qu’il y a un manque énorme de transparence en matière d’élaboration du projet de loi de Finances. Les rapports des ONG internationales ne cessent de mettre l’accent sur ce point. En plus, nous estimons que les partis politiques et les syndicats sont responsables du fait qu’ils n’accompagnent pas le débat à propos du Budget comme il le faut. Nous constatons, en outre, que les parlementaires ne jouissent pas d’une formation financière leur permettant d’assurer le contrôle du Budget. Pas moins de 90% des parlementaires sont des analphabètes en finances. Je me demande : Comment l’institution législative serait-elle en mesure d’assurer une évaluation réelle et efficace du rendement du gouvernement. En plus, nous constatons que le gouvernement établit un Budget prévisionnel selon des statistiques se rapportant à la pluviométrie et au prix du pétrole sans établir, par ailleurs, un plan B au cas où les prévisions ne seraient pas exactes.

Quelles sont vos recommandations?
Nous appelons le gouvernement à faire intervenir les composantes de la société civile dans l’élaboration de la loi de finances. Nous revendiquons, en outre, la suppression de l’article 51 de la Constitution qui s’oppose de façon non démocratique aux propositions et aux amendements. Nous appelons, en outre, à la révision de la loi organique des finances. Nous voulons assurer la crédibilité et la transparence du Budget. Nous mettons l’accent, également, sur la nécessité de faire du Budget un outil d’exécution d’un plan gouvernemental intégré loin de la politique des plans sectoriels d’urgence. Nous appelons également à la conformation de la loi sur les juridictions financières avec la réforme du Budget. Nous revendiquons, en outre, la mise en place d’un impôt sur la fortune.

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