Mohamed Mustapha Raissouni : «Il faut apprécier à leurs justes valeurs les acquis réalisés»

ALM : Quel est le bilan du CCDH durant ses vingt ans d’existence ?
Mohamed Mustapha Raissouni : Durant ses vingt ans de travail, le CCDH a franchi plusieurs étapes et a réalisé de nombreux acquis. Depuis sa création en 1990, le Conseil a œuvré pour préparer le climat général propice à la diffusion de la culture démocratique et des droits de l’Homme. Le Conseil a œuvré à l’époque pour l’éclaircissement de plusieurs points, objet de discorde entre le gouvernement et l’opposition. C’est ainsi que ce sont intervenues les deux révisions de la Constitution. Vers la fin des années 90, le CCDH a recommandé la mise en place de la Commission indépendante d’arbitrage puis l’IER pour tourner la page des violations graves des droits de l’Homme du passé et instaurer les bases de la réconciliation nationale. Le CCDH a travaillé également sur la réforme du système des droits sociaux, économiques et culturels.

Que dites-vous de la mise en œuvre des recommandations de l’IER ?
Le CCDH a déployé des efforts considérables dans ce sens. En ce qui concerne la réparation individuelle, le Conseil a entériné 98% des dossiers. S’agissant de la réhabilitation médicale, toutes les victimes des violations graves ont bénéficié gratuitement d’une carte médicale à travers la CNOPS. Le CCDH a mis en œuvre les recommandations relatives à la préservation de la mémoire et à la réparation communautaire. Le CCDH a, en outre, réglé 90% des dossiers concernant le règlement de la situation financière et administrative des victimes. Le Conseil a émis aussi des avis consultatifs au sujet des réformes politiques et juridiques.

Que répondez-vous aux ONG qui accusent le CCDH de laxisme dans ce cadre ?
Certes, chacun a le droit de commenter les réalisations du CCDH de la manière qui lui paraît opportune. Mais il ne faut pas toujours voir que ce qui n’a pas été fait. Il faut aussi apprécier à leurs justes valeurs les acquis réalisés. Il n’y a pas une seule recommandation de l’IER qui n’a pas été mise en oeuvre dans sa totalité. Certaines recommandations ont été mises en œuvre dans leur totalité alors que d’autres ont été mises en œuvre au minimum à proportion de 70% ou 75%. Il est impossible, pour le CCDH, par exemple, de révéler tous les cas des disparitions forcées.

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