Mohamed Talib : «Il faut déployer plus d’effort pour l’homogénéité du tissu sahraoui»

Mohamed Talib : «Il faut déployer plus d’effort pour
l’homogénéité du tissu sahraoui»

ALM : Après une année des événements de Gdeim Izik, les séparatistes continuent leurs manœuvres dans les provinces du Sud. Quelle lecture faites-vous de ces faits ?
Talib Mohamed : Comme nous le savons tous, les événements de Gdeim Izik sont le résultat de revendications sociales qui malheureusement ont pris une tournure plus violente. Aujourd’hui, le recours des séparatistes à la propagande prouve à quel point ils sont déstabilisés intérieurement. La propagande est l’unique carte qui reste aux séparatistes pour semer le trouble dans la région, sachant que leur principal allié Mouammar Kadhafi est déchu. Puisqu’ils ne leur restent aucun renfort, les séparatistes tendent à créer la panique dans la région, en dramatisant certains faits-divers et propageant des rumeurs touchant à la tranquillité du paysage sahraoui. La vie dans les provinces du Sud suit son cours paisible, toutes les composantes de la société sahraouie suivent leur train de vie habituel. Ceci prouve que les propagandes n’ont aucun impact négatif sur la région.

Qu’est-ce qui devrait être fait pour remédier à ces troubles sociaux ?
La solution réside dans la création d’une cohésion sociale. Quatre communautés cohabitent dans les régions du Sud. Il s’agit des autochtones, de citoyens qui se sont installés suite au processus d’identification de l’ONU, des Marocains venus des régions du nord ainsi que des rapatriés des camps de Tindouf. Cette mixité engendre la mésentente entre les différentes parties et crée des tensions.

Que recommandez-vous dans ce sens ?
Il faut déployer plus d’effort pour aboutir à une unité sociale et créer l’homogénéité du tissu sahraoui. Il faut une justice sociale loin du clientélisme. La loi devrait être équitablement appliquée pour toutes les composantes. Les critères de choix doivent impérativement s’opérer sur des bases purement sociales. De même, nous exigeons une réforme de l’institution tribale dans la région. Les chioukh doivent renforcer leur rôle de médiation pour atteindre cette cohésion tant attendue.

À la veille des élections législatives, comment voyez-vous l’avenir de la région ?
La région est sujette à d’importantes mutations. Les attentes de la population locale sont énormes. Le seul défi à relever reste la cohésion sociale. À un mois des élections, la ségrégation positive reste toujours opérationnelle. C’est toujours la même élite qui domine le champ politique sahraoui. On peut même dénoncer l’hérédité des postes politiques dans la région. Dans ce contexte, il faut repenser le concept des élections et mettre en relief sa dimension politique. Pour assurer la cohésion, il n’y a pas de recette miracle. Il faut un dialogue politique et public engageant toutes les composantes de la société sahraouie avec beaucoup plus d’attention à la participation des jeunes dans le champ politique. Notons que le processus de régionalisation est un laboratoire qui permettra de préparer la mise en place du plan d’autonomie. La question qui se pose est à quel point sera-t-on en mesure d’absorber cette divergence sociale pour assurer de bonnes perspectives à la région ?

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