Mohand Laenser : «Je ne pense pas que nous ayons à apprendre des leçons d’autres partis»

Mohand Laenser : «Je ne pense pas que nous ayons à apprendre des leçons d’autres partis»



ALM : Dans quelle ambiance se déroulent les préparatifs pour le onzième congrès du MP?
Mohand Laenser : Les préparatifs du 11ème congrès du MP viennent de démarrer avec la mise en place de la Commission préparatoire lors de la réunion du samedi 6 février. La constitution de cette commission a été recommandée au Bureau politique par le Comité central dans sa réunion du 19 décembre dernier. Sa composition se caractérise par la représentation de toutes les instances du parti, des organisations affiliées et de divers experts. Nous y retrouvons également les représentants des régions qui travailleront à la fois en central mais aussi au sein de commissions locales qui seront mises en place. La Commission a adopté à l’unanimité son règlement intérieur et entériné la nomination de son président. Les sous-commissions sectorielles se réuniront dans le courant de la semaine pour former leur bureau et arrêter leur calendrier de travail. Il a été convenu que les travaux de la commission seront largement diffusés et accessibles par le biais d’un site Internet. Il a de même été mis l’accent sur le fait que le prochain congrès s’éloignera de l’approche consensuelle qui avait prévalu lors du 10ème congrès en 2006. La mise en place de la Commission préparatoire a été marquée par un débat responsable qui n’a pas manqué de vigueur dans la défense des positions des uns et des autres. Finalement certains amendements au projet de règlement intérieur ont été introduits et l’adoption finale a eu lieu par vote et à l’unanimité.

Quels sont les mécanismes que vous avez adoptés pour garantir l’indépendance des décisions du comité préparatoire ?
Comme que vous le savez, le MP ne vit pas de crise institutionnelles et dispose de textes statutaires qui régissent son fonctionnement. En vertu de ces textes, et comme cela est le cas dans toutes les formations politiques, les organes dirigeants sont responsables jusqu’à la tenue du prochain congrès. La Commission préparatoire, en vertu des statuts, est constituée par le Bureau politique en tant qu’instrument d’aide à la réalisation des travaux préparatoires du congrès. Cependant, soucieux de donner à la Commission une certaine indépendance, il a été convenu de nommer le président de la commission en dehors des membres de la direction et du Bureau politique. Il est également prévu que les rapports des sous-commissions seront validés par la Commission préparatoire et soumis à l’adoption définitive du congrès.

Le MP s’est-il finalement remis de la polémique qui l’a secoué dernièrement?
Je pense qu’on a exagéré ce que vous appelez polémique, que d’autres appellent contestation, etc. Il y a certes des voix individuelles qui expriment de temps à autre dans la presse leurs divergences ou critiques, souvent infondées. Mais ces voix restent isolées au sein des instances du parti où elles s’expriment librement. C’est le cas au sein du Bureau politique, lors de la dernière réunion du Comité central ou encore lors de la mise en place de la Commission préparatoire du 11ème congrès. La preuve, c’est que l’une de ces voix, bien que présente au sein de la Commission préparatoire lors du vote, n’a même pas voté contre les documents présentés.

Certains observateurs estiment que les partis politiques, notamment le MP, doivent tirer les leçons de la dynamique de réforme qui anime le PAM et le RNI. Quelle analyse en faites-vous?
Je pense que chaque parti a ses propres caractéristiques et dispose de suffisamment de ressources internes pour mener ses propres réformes. C’est ce que nous faisons au sein du MP et je ne pense pas que nous ayons à apprendre des leçons ou à importer des modèles d’autres partis.

Le Maroc et le Polisario reprennent langue le 10 février. Pensez-vous que le Polisario et l’Algérie seraient prêts à assouplir leur position, ce qui est en mesure de rejaillir positivement sur l’avenir des négociations?
Nous savons que le Polisario et l’Algérie ont annoncé qu’ils se rendraient à la prochaine session de discussions préliminaires, sous la pression de l’opinion publique internationale et de la communauté internationale. C’est un signe positif, mais je pense que sans le maintien de cette pression, ils chercheront à bloquer le processus de négociations. Le Maroc est à l’aise et se présente avec des initiatives concrètes et un état d’esprit ouvert à la discussion et à la défense de son projet d’autonomie que la communauté internationale considère comme étant la solution politique sérieuse et réaliste.

Quelles sont les grandes lignes de votre conception de la régionalisation  que vous avez présentées à la CCR  lors de sa consultation des partis politiques?
La Commission consultative sur la régionalisation a adopté une démarche logique qui consiste a écouter les points de vue des formations politiques avant d’entreprendre l’élaboration de sa vision. Il est évident que cette démarche implique aussi que les exposés des partis politiques, à ce stade, ne puissent être détaillés. Nous avons donc présenté à la commission un pré-rapport basé sur l’évaluation de l’expérience actuelle, les insuffisances et les limites. A partir de là, nous avons présenté des propositions qui ne sont pas seulement des correctifs mais plutôt une approche nouvelle permettant d’aller vers une collectivité majeure avec ce que cela implique comme amendements à la législation en vigueur, y compris à la Loi suprême, la Constitution.

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