Mustapha Manouzi : «Le Maroc a besoin davantage d’un contrat social»

Mustapha Manouzi : «Le Maroc a besoin davantage d’un contrat social»

ALM : Quelle analyse faites-vous du projet de la nouvelle Constitution ?
Mustapha Manouzi : En tant que militants des droits de l’Homme, nous considérons que le projet de Constitution est en mesure de mettre en œuvre les recommandations de l’Instance équité et réconciliation. Il s’agit de l’une de nos principales revendications. Pour nous, c’est la consécration des droits de l’Homme qui constitue l’introduction à la réforme constitutionnelle, contrairement aux acteurs politiques qui mettent en avant la question de la séparation des pouvoirs. Et nous avons remarqué cela dans le deuxième titre du projet de Constitution qui a été consacré aux droits de l’Homme et aux libertés fondamentales avant même de traiter la question de la séparation des pouvoirs. Mais, nous avons exigé certaines garanties à même d’assurer la mise en œuvre de ces droits et leurs protections, notamment la revendication se rapportant à la mise en place d’un Etat civique. Il est question également de l’indépendance de la justice et la reconnaissance des critères internationaux des droits de l’Homme.
À partir de ce point, le projet de la nouvelle Constitution a répondu à toutes nos revendications sauf notre demande d’un État civique. Ce point demande plus de militantisme pour assurer la protection des droits de l’Homme.

Comment trouvez-vous la place qu’a accordée le nouveau projet de Constitution aux droits de l’Homme?
Le projet de Constitution est une introduction des droits de l’Homme dans l’avenir. Et par conséquent, le Maroc a besoin davantage d’un contrat social que d’un contrat politique. Étant donné que la réconciliation entre l’État et la société s’est fondée sur la nécessité de la reconsidération du droit à la vie et de la dignité complète. Et cela à travers la pénalisation de toutes les atteintes aux droits de l’Homme et à l’intégrité corporelle du citoyen. Pratiques qui étaient exercées lors des années de plomb. Ceci se ferait par l’indépendance de la justice et la gouvernance sécuritaire.

À votre avis, cette nouvelle Constitution répond-elle aux défis qui attendent le pays et les droits de l’Homme?
Je crois qu’il faut beaucoup du travail pour mettre en œuvre une culture des droits de l’Homme. Nous avons besoin d’un véritable État des droits de l’Homme même si nous sommes encore au début pour exprimer cette volonté du défi.

Que pensez-vous des appels lancés par Mouvement du 20 février et certains partis pour le boycott du référendum?
On est dans un climat démocratique. Et le citoyen a le droit d’exprimer son point de vue tant que cette opinion est exprimée de manière pacifique.

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