Mutinerie salafiste : Raidissement de l’Administration pénitentiaire

Mutinerie salafiste : Raidissement de l’Administration pénitentiaire

L’Administration pénitentiaire reprend les choses en main dans la prison de Salé. L’émeute des détenus salafistes d’une rare violence, déclenchée lundi 16 mai et ayant fait plusieurs blessés parmi les forces de l’ordre, a été maîtrisée mardi après-midi. Les détenus de la Salafiya, à l’origine de cette mutinerie dans ce centre de détention, estimés à 300 personnes selon l’Association Annassir, ont été évacués de la prison. Ils devront, par la suite, être dispersés dans les différentes prisons du Royaume afin d’éviter la reproduction de tels actes. Aussi, les personnes responsables d’actes d’agression contre les gardiens de la prison et les forces de l’ordre seront traduites devant la justice.
Les associations de défense des droits de l’Homme contactées par ALM ont confirmé la dispersion des détenus de la Salafiya tout en indiquant ne pas disposer de plus de détails à propos de cette opération. Dans une sortie médiatique, Hafed Benhachem, délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, a, pour sa part, souligné que pour que pareilles situations ne se reproduisent plus, la stratégie de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion sera axée sur l’application du régime pénitentiaire qui place sur un pied d’égalité tous les détenus en matière de droits et obligations, sans favoritisme aucun. Ce groupe de détenus a commis «des actes de troubles, de mutinerie et de pillage», a-t-il souligné. «Les fauteurs de troubles dans la prison de Salé voulaient, par tous les moyens, imposer leurs idées et leur mode de vie à l’Administration pénitentiaire», a souligné M. Benhachem, qui était l’invité du JT de mardi soir de la chaîne Al Oula. «L’Administration pénitentiaire, avec le ministère de la Justice et le Conseil national des droits de l’Homme, avait ouvert un dialogue avec ce groupe de détenus en vue de les dissuader de mettre en exécution leurs desseins», a rappelé le délégué général. Il a soutenu, en outre, «que ce groupe de détenus, enclins à exploiter à mauvais escient le traitement civique adopté par l’Administration pénitentiaire qu’ils ont pris pour un signe de faiblesse ou de laxisme, a fait peu de cas du régime pénitentiaire».
M. Benhachem a imputé à ce groupe la responsabilité de ces événements pour avoir «agressé des fonctionnaires venus rétablir l’ordre et la sécurité au sein de l’établissement pénitentiaire», ajoutant que quiconque convaincu d’avoir participé à ces actes d’agressions sera «poursuivi en justice».
L’Association Annassir dédiée au soutien des détenus de la Salafiya Jihadia a, également, imputé la responsabilité de ces actes de violence à certains détenus de la Salafiya «qui ne cherchent que l’escalade de violences et la confrontation». «Ce genre d’actes de violence ne sert nullement les intérêts des détenus de la Salafiya, bien au contraire il nuit à leur image vis-à-vis de la société», souligne Abderrahim Mouhtad, président d’Annassir. «Il ne faut pas mettre dans le même panier tous les détenus de la Salafiya. Parmi ces détenus il y a des modérés et des endoctrinés imprégnés de l’idéologie salafiste, mais il y a aussi des déséquilibrés qui doivent être placés dans des centres psychiatriques. Certains parmi ces détenus disent qu’ils font partie des prisonniers de la Salafiya, mais ils se contredisent en tentant de se suicider, de s’immoler ou de se coudre la bouche. Ce sont-là des actes contraires à notre religion. Il s’agit de personnes qui sont dangereuses même sous contrôle en prison, que feront-elles lorsqu’elles seront libérées?», indique-t-il, dans une déclaration à ALM.

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