Nabila Mounib : «La gauche doit joindre le discours à l’action»

Nabila Mounib : «La gauche doit joindre le discours
à l’action»

ALM : Quel avenir pour la gauche?
Nabila Mounib : Il y a aujourd’hui nécessité de créer ce que j’appelle un front de la gauche. Il aura la responsabilité de proposer un projet alternatif à ce néoconservatisme rampant. L’un des mots clés de cette lutte est l’innovation, la créativité. Penser à tout ce qui peut préserver les plus petits, les plus démunis, de la déchéance, c’est ce qui pourrait aujourd’hui sauver de l’explosion sociale ce Maroc que nous aimons. Penser au développement local, au terroir, aux petits agriculteurs, au lieu de se borner dans des choix qui ont conduit à l’échec, c’est ce qui peut limiter les effets de la crise. Ce Maroc des paradoxes doit prendre en compte cette grande masse qui souffre en silence. Et c’est là le rôle de la gauche.

Dans quelle mesure ce front de la gauche est-il aujourd’hui envisageable ?
Le PSU est ouvert à toutes les composantes de la gauche sur la base d’un programme commun. Nous avons toujours eu des partenaires, notamment des candidatures communes avec des partis tels le PADS et le Congrès national ittihadi. Cette expérience est à développer. Il faut aussi noter que l’USFP, qui fait partie de la grande famille de la gauche, a laissé beaucoup de plumes en participant au gouvernement d’alternance qui n’était en fait qu’une machine à broyer et sans fondement démocratique. Et toute la gauche a payé cette participation et perdu en crédibilité. Avec son autocritique, et riche de cette expérience qui a tout de même créé une ouverture politique, l’USFP reste un acteur important de la gauche.
Une restructuration de la gauche est aujourd’hui nécessaire. Elle doit penser à de nouveaux outils et joindre le discours à l’action. 

Qu’en est-il du PPS?
Le PPS a choisi de rester dans le gouvernement de Benkirane. Ce choix lui revient, mais pour nous il constitue une erreur fatale dans une situation où il fallait au contraire dissiper ce grand brouillard qui rend confus les Marocains. Il faut aussi dire que le PPS comprend un mouvement qui est contre la participation au gouvernement et qui pourrait activement participer à faire mûrir l’idée d’unification de la famille de la gauche.

Pourquoi le PSU continue-t-il à soutenir le 20 février ?
A l’issue du 3ème congrès du PSU où ont été élus le bureau national, le bureau politique et moi en tant que secrétaire générale, nous avons abordé le positionnement du parti et sa restructuration. Nous avons aussi insisté sur le fait de poursuivre le soutien du Mouvement du 20 février avec tous nos moyens et de nouvelles idées. Et ce  jusqu’à ce que ses aspirations deviennent réalité dans les plus brefs délais. Dans ce sens, nous sommes ouverts avec nos partenaires (mouvements féministes, défenseurs des droits de l’Homme, syndicats, mouvements amazighs…) sur toutes les initiatives permettant de faire avancer les choses. Il s’agit de faire des propositions pour mettre en place de véritables réformes, et pas seulement pour créer le changement pour le changement. Le Mouvement du 20 février n’est pas une menace pour le pays, mais c’est le fait de bafouer la dignité des Marocains qui est menaçant.

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