Nacer Boudiaf : Le devoir de mémoire

Le 16 janvier 2002. Le jour de la commémoration du 10ème anniversaire du retour de son père en Algérie, Nacer Boudiaf se tenait à l’écart de la maigre assistance qui avait fait le déplacement au cimetière El Alia. C’est le début de la révolte chez ce jeune qui a juré devant la tombe de son père qu’il irait jusqu’au bout pour faire éclater la vérité. Nacer annonce le lendemain dans les colonnes du quotidien algérien «Le Matin» (où il avait déjà évoqué la question en novembre) son intention de porter l’affaire devant les tribunaux algériens, « si la justice consent à jouer son rôle , ou même «ailleurs s’il le faut ». Le jeune homme accuse notamment Larbi Belkheir de « ne pas avoir réagi lorsqu’il a été accusé, il y a quelques semaines, par le secrétaire général de la Coordination nationale des enfants de chouhada (CNEC) d’avoir commandité le meurtre de son père. «C’est l’un des commanditaires de l’assassinat de Boudiaf, pour moi cela ne fait aucun doute », écrit-il dans sa lettre publiée par Le Matin. Le 31 octobre 2001, M. Bensaïd affirmait en effet publiquement que Larbi Belkheir, ministre de l’Intérieur sous Boudiaf –et actuellement chef du Cabinet du président Bouteflika – avait participé à un complot qui a conduit à l’assassinat du défunt Président. Bensaïd affirme avoir prévenu qu’il ne pouvait pas réussir en laissant ce genre de personnes graviter autour de lui. » Et Nacer Boudiaf d’affirmer que tous ses efforts pour faire éclater la vérité sont restés vains. Et que même la commission d’enquête à laquelle il a écrit pour affirmer qu’il y avait deux tireurs n’a pas répondu. Nacer soutient, en effet, que du moment où Boudiaf a été également atteint d’une balle au thorax, « cela veut dire qu’on a également ouvert le feu de face ».
«L’autopsie n’a jamais été faite, l’arme du crime a disparu », poursuit-il, en ajoutant que tout cela lui laisse dire qu’il s’agit d’un complot et qu’il le savait depuis 1992. Pour lui, son père a été tué parce qu’il était confiant et qu’il ne voulait pas travailler avec certaines personnes, dont Larbi Belkheir, « parce qu’il les considérait comme étant le symbole de la faillite du pays aux yeux des Algériens ». Entre-temps, le général Belkheir s’est fendu d’une réponse de « simple citoyen » dans laquelle il s’insurge, en tant que « simple citoyens » contre les accusations dont il fait l’objet.
Inexorable, Nacer Boudiaf en remet une couche et lui répond dans une lettre où il se pose la question de savoir « Comment un simple acte isolé perpétré dans le dos d’un simple homme peut provoquer une balle dans son thorax ? ».

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