Naïma Lamcherki, la voix de la passion

Naïma Lamcherki est d’abord une voix. Une voix douce et sereine. Une voix qui adhère si bien au champ artistique marocain qu’on imagine mal notre cinéma et notre théâtre s’exprimer longtemps sans la voix de Naïma Lamcherki.
Cette actrice a été baignée dès son enfance dans un bain de théâtre. Elle évoque encore les fêtes organisées sous de grandes tentes entourées de palmiers à Derb El Kabir (Casablanca).
C’est lors de l’une de ces fêtes que Naïma Lamcherki a fait sa première expérience de la scène. Le présentateur avait besoin d’un petit garçon pour jouer un rôle improvisé, et l’enfant Naïma n’a pas pu résister à la tentation de se proposer. Elle se souvient encore de cette fille qui pleure sa mère, morte de chagrin après l’assassinat de son mari par les agents de l’Occupation.
Ce petit rôle reste gravé dans la mémoire de l’intéressée parce qu’il a fait office de «déclic » précise-t-elle.
Après, elle a joué dans des troupes d’amateurs à Casablanca jusqu’à la rencontre décisive de la troupe de Tayeb Saddiki, et ce fut le début d’une carrière théâtrale.
Cette carrière l’a menée vers d’autres lieux. En France où elle a « théâtralisé » des poésies de Adonis et de Ibn Zaïdoun au Centre d’art et d’essais de Rouen. La voix de Naïma Lamcherki l’a entraînée tout naturellement vers la radio. Elle a animé pendant 3 ans à Médi 1 une émission qui fut un succès à l’époque : «Naïma». Et puis, ce fut la réussite de la série « La Famille Ramdam ». Réussite qui ne s’est pas démentie avec le temps.
Naïma Lamcherki a également fait du cinéma. Elle a notamment tenu avec l’acteur Mohamed Miftah un premier rôle dans un long-métrage italien dont on parle peu: « L’article deux » de Mauricio Zaccaro. Le titre de ce film se réfère à l’article deux du code civil italien qui interdit la polygamie. On imagine facilement les péripéties de ce film.
Naïma Lamcherki a aussi joué dans « Badis » de Abderrahmane Tazi, « Les belles nuits de Chaherazade » de Mostafa Derkaoui, « 44 ou le récit de la nuit» de Moumen Smihi etc. On la verra d’ailleurs dans deux nouveaux films qui sortiront bientôt dans les salles : « Et après » de Mohamed Ismael et « Les voisines d’Abi Moussa » de Abderrahmane Tazi. Naïma Lamcherki ne laisse pas passer une occasion sans rappeler tout ce qu’elle doit à son mari, le réalisateur Abderrahmane Khayat. « Il m’a toujours soutenue depuis notre mariage en 1965, et continue de m’apporter énormément. Mon mari m’a donné la possibilité de m’épanouir » dit-elle dans ce sens.
Naïma Lamcherki est la mère de 3 enfants, tous amoureux du théâtre, mais elle a tout fait pour les éloigner de la scène. « Le métier d’un comédien est très dur, il nourrit rarement son homme, et puis je ne pouvais pas laisser mes enfants exercer un métier où il n’existe même pas un statut pour le comédien ! » s’écrie-t-elle.
Le théâtre est la véritable passion de Naïma Lamcherki. Cette passion n’est pas exempte de déceptions. Mais n’est-ce pas là le tribut que réclame toute véritable passion ?

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *