Naïma Slamti : «Les Marocains sont très mal informés sur la schizophrénie»

ALM : Quel bilan dressez-vous des activités menées lors des Journées francophones de la
schizophrénie ?
Naïma Slamti : Les Journées francophones de la schizophrénie se tiennent du 20 au 28 mars. Pour cette semaine, nous avons préparé des activités coordonnées au niveau mondial. Ainsi, nous avons organisé une course populaire, une exposition sous le thème de «La folie» et des conférences. Ces activités ont drainé plus 150 personnes. Et pour notre plus grande fierté, nous avons compté, parmi les coureurs, le professeur Driss Moussaoui, chef du service psychiatrique du CHU Ibn Rochd. Cependant, nous avons constaté que les Marocains sont très mal informés sur la schizophrénie. Notre lutte contre la stigmatisation sera un combat de longue haleine.

Le programme «Profamille» avait été lancé en décembre 2008. Où en est-il ?
Le programme a eu un grand succès. Nous avons eu plus de demandes que de places disponibles. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en place une seconde session dès septembre prochain, pour les personnes sur la liste d’attente. Nous espérons également traduire ce programme en arabe dialectal, afin qu’un maximum de personnes puisse y avoir accès. C’est un travail titanesque, mais qui nous tient à cœur. Ce programme, mis au point par l’Unité de psychiatrie sociale et préventive et l’Université de Laval au Canada, a pour but de permettre aux proches de mieux connaître la schizophrénie, les traitements, les difficultés sociales et relationnelles qu’elle entraîne. Ce programme est une formation permettant aux familles de malades de mieux appréhender cette maladie, de mieux gérer les crises, et surtout de maintenir sur pied toute la structure familiale.

Quel est votre plan d’action et vos projets pour 2009 ?
Nous sommes en train de mettre en place un programme de sensibilisation contre les addictions et les drogues en particulier, à destination des collégiens et lycéens. Tout au long de l’année, des conférences seront organisées pour briser le tabou, informer et sensibiliser un maximum de personnes. Aussi, la 1ère session du programme «Profamille» se terminera en juin. Nous dresserons un bilan et entamerons la 2ème session en septembre prochain. Notre objectif est de boucler cette année le projet d’un Centre d’aide par le travail, une structure intermédiaire que nous souhaitons construire afin d’aider les malades stabilisés à se réintégrer dans le marché du travail et la société.

Quelles sont les activités menées par l’association Amali ?
Nous luttons pour que les personnes souffrant de troubles psychiques ne soient plus rejetées par la société et pour aider les familles à mieux appréhender ces troubles. Nous avons organisé des conférences en collaboration avec des psychiatres de renom et également des cellules d’écoute pour les familles et les malades. Nous faisons également un travail énorme pour sensibiliser les médias et par voie de conséquence, l’opinion publique.

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