Nezha Chahid ou «Amina El Filali bis» réclame justice

Nezha Chahid ou «Amina El Filali bis» réclame justice

Si Amina El Filali est morte de cette façon tragique que tout le monde connaît, Nezha Chahid, quinze ans, agonise chez elle à Jorf El Malha, province de Sidi Kacem. Les yeux hagards, elle se tient, ce samedi 17 mars, devant la télévision qui diffusait les images du sit-in organisé par les associations de la société civile devant le siège du Parlement, à Rabat, en protestation contre l’article 475 du code pénal qui autorise la justice à blanchir le violeur en cas de mariage avec sa victime. Son violeur à elle, qui est toujours en état de fuite, essaie de contacter la famille pour l’épouser. C’est du moins ce qu’a appris la famille à la suite d’un entretien téléphonique qu’à eu le violeur avec son frère, Allal Chahid, le seul en charge de la famille et qui ne sait plus à quel saint se vouer pour assister sa sœur et l’aider à s’en sortir avec le moins de dégâts, surtout qu’un second frère, chômeur de son état, ne l’entend pas de cette oreille, il ne pense qu’à venger l’honneur de la famille. «Il menace de la tuer parce qu’il la considère responsable du déshonneur de la famille», affirme la mère de Nezha à ALM. Un frère qui culpabilise sa sœur mineure et victime, tout en oubliant le violeur qui court toujours. Serait-ce le 2ème épisode de la série Amina Filali ? «Peut-être que oui comme il y en avait d’autres qui n’ont, malheureusement, pas bénéficié des projecteurs des médias», affirme Najia Adib, présidente de l’association «Touche pas à mes enfants» (Matkich Wladi) qui réclame, depuis longtemps, l’abrogation de l’article 475 du code pénal qu’elle qualifie d’«article de la mort». C’était à 14h00 en ce lundi 12 mars, à Jorf El Malha, province de Sidi Kacem. Nezha s’amusait derrière son domicile, près d’une mosquée. Il n’y avait personne puisque la majorité des habitants était partie au souk hebdomadaire. Soudain, une Renault Kangoo s’arrête,  un homme descend, se jette sur la petite fille, lui prend violemment la main, la jette dans la voiture et remonte. La voiture démarre à toute allure. C’est une scène qui s’est déroulée en quelques secondes. L’homme qui est originaire de Midelt est connu dans la région  car il est employé dans un chantier de construction au lotissement El Mernissi et réside avec ses collègues dans  un domicile situé au quartier Lhete lak’hal. Arrivé à Sidi Kacem, le ravisseur sort de la voiture avec sa proie. Il la menace de la tuer si jamais elle essaye d’attirer l’attention de quelqu’un. «Je suis un assassin sans pitié qui a commis plusieurs meurtres», lui répète-t-il tout en brandissant un couteau devant ses yeux innocents. Ne sachant quoi faire, ni quoi dire, elle cède aux menaces et garde le silence. Ils prennent le train à destination, cette fois-ci, de Meknès. Mais, à mi-chemin, ils descendent pour prendre un autocar les emmenant vers Rabat, où le chauffeur de la Kangoo les attendait. Il les conduit à la forêt de Témara. Quand ils sont arrivés, le ravisseur renvoie son ami le chauffeur pour jeter sa victime dans un gouffre de souffrance, de violence et de torture. Il abuse d’elle sexuellement, la blesse avec son couteau, éteint les mégots sur son petit corps. C’est horrible et dépasse l’imagination ce que Nezha avait éprouvé. Deux jours plus tard, il la conduit à Meknès. Dans une forêt d’olives à Toulal, il la soumet aux mêmes pratiques, et apaise ses désirs sadiques. Après deux autres jours de tortures et de sévices, il l’emmène à Fès et l’abandonne dans la gare routière de Bab Boujloud. Ensuite il téléphone à sa mère pour l’informer que sa fille est à Fès. Elle alerte la police de Jorf El Malha qui a coordonné avec celle de Fès. Un policier l’a traitée comme une SDF. «Il m’a giflée», confie-t-elle à ALM.

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