Nouvelle université, pratiques anciennes

Des présidences Au-delà de la procédure annoncée, au-delà des professions de foi, que s’est-il réellement passé pour la désignation des présidents d’université ? Les critères requis étaient-ils satisfaits partout ou avait-on recouru à des choix qui n’obéissent pas forcément au principal facteur, celui de la méritocratie. Un facteur à même de permettre à notre université de s’inscrire dans la dynamique nouvelle qu’on essaie de lui insuffler.
Deux cas se présentent à l’esprit quand on veut voir de plus près cette nouvelle donne. Marrakech et Casablanca. Le premier cas, c’est un mathématicien qui a eu la présidence de l’une des plus importantes universités du pays, celle de Cadi Ayyad, à la place de Mohamed Knidri. Et c’est précisément le cas Knidri qui nous interpelle, au moins pour deux raisons.
Premièrement, le président sortant s’est présenté à l’université Mohamed Ben Abdellah de Fès, en lieu et place de Marrakech où il a régné depuis 1978, année de l’ouverture de la première faculté de la ville. C’est son droit le plus absolu de se présenter là où bon lui semble. Mais la question qui se pose c’est de savoir pourquoi il a ‘’émigré ».
Deuxièmement, et c’est là le plus important et qui jette le doute sur les motivations, c’est cette fameuse lettre, écrite dans un arabe très châtié et un peu poussiéreux, avec des effets décoratifs de circonstance, et adressée au palais royal. Dans cette lettre, accompagnée de dizaines de signatures de professeurs de l’université Cadi Ayyad, on implore le souverain d’intercéder en faveur du recteur sortant pour le nommer président de l’université.
C’est absolument hilarant s’il ne s’agissait d’une affaire qui touche à l’éducation et à la formation académique de nos élites ! Comment peut-on accepter que des universitaires recourent à de tels procédés, sachant pertinemment que leur démarche va à l’encontre de l’option réformatrice prônée par le souverain ? Même si l’on admet que tout citoyen est libre et peut s’adresser au palais royal, le faire pour avoir la présidence d’université après le refus de la commission de la candidature est proprement inqualifiable. C’est vouloir mettre tout le monde au pied du mur. Deuxième cas, celui de Casablanca. Parmi les membres de la commission, deux médecins, dont le secrétaire général de l’Académie du Royaume, Abdellatif Berbiche. En plus d’un banquier qui exerce à l’étranger. Les candidats avaient presque un quart d’heure pour défendre leur projet. Mais un projet d’université moderne, avec une gestion qui tranche avec les règles du passé ne peut faire l’objet d’une discussion expéditive…
Plusieurs cas peuvent être signalés dans cette évaluation. Notamment les membres des commissions. La question que tout un chacun se pose est de savoir pourquoi il y a eu une prévalence des choix du ministre.
Deux membres étant choisis par le conseil de l’université, la main de l’administration centrale ne serait pas étrangère…
Plusieurs candidats non retenus ne veulent pas se présenter à nouveau pour les postes vacants. L’université qui devait s’inscrire dans le sens de l’évolution en retenant une procédure à cheval entre la désignation et l’élection n’a pas vraiment gagné au change.

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