Nouzha Skalli : «La mobilisation sociale est l’un des succès de l’INDH»

Nouzha Skalli : «La mobilisation sociale est l’un des succès de l’INDH»


ALM : Sur quels acquis se base la deuxième phase de l’INDH ?
Nouzha Skalli : La deuxième phase de l’INDH prend pour point de départ les réussites avérées par les chiffres de la première phase. Mais ce qui n’est pas chiffré est encore plus important. Il est question de la mobilisation sociale des différents acteurs qui savent désormais qu’ils peuvent s’inscrire dans le cadre de l’INDH et compter sur son appui. Ainsi cette initiative implique les élus locaux et la société civile qui a vu son rôle institutionnalisé à travers une approche tripartite. L’INDH a aussi favorisé l’approche d’évaluation participative qui engage en même temps divers intervenants : ministres, gouverneurs, société civile, et bénéficiaires. C’est ce qui permet de démontrer la valeur des projets et de révéler les défis à relever. Le défi majeur de l’INDH est celui de lutter contre la précarité et d’intégrer les populations défavorisées.

Quels sont les défis à relever pour cette deuxième phase ?
Mieux toucher les populations ciblées, pérenniser les projets, consolider l’approche participative sont parmi les objectifs de cette deuxième phase consistant à insuffler une nouvelle dynamique de l’INDH. Aussi, l’accent a été mis sur les populations exclues, notamment les toxicomanes ou les sidactiques, à travers le renforcement des unités créées et l’ amélioration de leur qualité. Il s’agit également de permettre l’accès des populations des régions enclavées aux infrastructures sanitaires, les routes, l’éducation… Les 17 milliards DH mobilisés pour cette deuxième phase constituent un budget de solidarité de l’Etat avec les plus démunis. Ce budget est destiné à relever le niveau de vie des populations en quelque sorte exclues du circuit des politiques publiques, pour justement les intégrer pleinement au sein de la société. On peut aussi noter dans ce sens l’importance de l’effet levier des projets de l’INDH qui favorise l’implication de divers intervenants, entreprises et institutions privées…

A la lumière de l’expérience de la première phase de l’INDH, quels sont les points à améliorer pour une meilleure implication de tous?
Il y a un processus d’évaluation participative à améliorer en faisant encore plus participer les femmes, les jeunes et les personnes à besoins spécifiques au niveau de la gouvernance. Il s’agit aussi de veiller à la pérennité des projets. Aussi améliorer la coordination entre les programmes gouvernementaux pour qu’il y ait plus de coopération entre les ministères (artisanat, agriculture, solidarité, éducation…). Et ce pour une meilleure synergie et aller plus loin par exemple dans la création des activités génératrices de revenu (AGR). On note dans ce sens la création lors de la première phase de l’INDH de 3700 AGR qui ont généré quelque 40.000 emplois. Ainsi dans ce cadre, il faut développer une vision plus globale et favoriser les perspectives de développement de filières et non plus se limiter à des approches individualistes. Le schéma tracé pour cette deuxième phase de l’INDH est excellent, mais il demande la compréhension de tous les acteurs pour approfondir leur appropriation. La mobilisation sociale est l’un des grands succès de l’INDH , au même titre que la gouvernance des projets marquée par la transparence de l’évaluation. Il faut maintenant une meilleure rationalisation du travail.

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