Nouzha Skalli : «Les méthodes de calcul de l’IDH restent réductrices»

Nouzha Skalli : «Les méthodes de calcul de l’IDH restent réductrices»

Le rapport 2011 sur l’Indice de développement humain (IDH), publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), place le Maroc au 130ième rang mondial. «Nous avons gagné deux places au classement du PNUD, mais leurs méthodes de calcul du développement humain restent, tout de même, réductrices pour notre pays», a déclaré à ALM Nouzha Skalli, ministre du développement social de la famille et de la solidarité. «Comment peut-on imaginer de calculer un indice de comparaison sur des bases tout à fait différentes. En effet, le PNUD se base sur les données fournies par chaque pays selon ses propres méthodes de récolte des informations et selon les réglementations qui le gouvernent. Et c’est justement là que le Maroc est désavantagé. Notre pays obéit à des conventions internationales pour communiquer ses statistiques, en plus de nos institutions conformes aux normes ISO. Cela n’est pas le cas d’autres pays qui fournissent des données tout à leur avantage», a expliqué Mme Skalli. En effet, les méthodes d’évaluation du PNUD par rapport au développement humain ont vivement été critiquées par le Maroc. Cet indice est calculé sur la base de quatre composantes : «éducation», «espérance de vie à la naissance», «richesse» et «niveau de vie décent». La composante «éducation» de l’IDH est mesurée en termes d’années de scolarisation des adultes âgés de 25 ans et en termes d’années de scolarisation escomptées pour les enfants d’âge scolaire. Les années de scolarisation moyennes sont estimées sur la base de la durée de la scolarité pour chaque niveau éducatif. La composante «espérance de vie à la naissance» de l’IDH est calculée en utilisant une valeur minimale de 20 ans et une valeur maximale de 83,2 ans. Ce sont les valeurs maximales observées des indicateurs pour les pays dans la série temporelle de 1980 à 2010. Pour la composante «richesse», le plancher pour le revenu minimum est de 163 dollars et le plafond est de 108.211 dollars, tous deux observés pendant la même série temporelle. La composante «niveau de vie décent» est mesurée par le RNB par habitant au lieu du PIB par habitant. L’IDH utilise le logarithme de revenu pour refléter l’importance décroissante du revenu au fur et à mesure de l’augmentation du RNB. Les scores pour les trois indices des dimensions de l’IDH sont ensuite combinés dans un indice composite en utilisant une moyenne géométrique. Ainsi, en calculant de la sorte, l’IDH place le Maroc au 130ème rang. Pour rappel, le Maroc avait vivement critiqué le PNUD pour avoir validé des études sur l’IDH qui n’ont pas pris en considération les efforts déployés par le Royaume et les performances réalisées en matière de développement humain, dans ses deux dernières publications de 2009 et 2010. Aussi, dans un communiqué du ministère des affaires étrangères et de la coopération, publié en date du jeudi 19 août 2010 à l’ombre du rapport IDH 2010, le gouvernement avait souligné que «la validation par le PNUD, institution de l’ONU, de telles études, dénote un manque de rigueur et de professionnalisme et porte préjudice au Maroc et à ses efforts».

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