Omra : Djellaba, String et petites Combines

Le pèlerinage religieux pendant le mois de Ramadan, connu sous le nom de la Omra ou le petit pèlerinage, est très prisé par les Marocains. Un rituel qui suscite chaque année un engouement de plus en plus important auprès des candidats des deux sexes. D’ailleurs, les agences de voyages réalisent une bonne partie de leurs chiffres d’affaires à cette occasion. Les plus sérieuses d’entre elles rivalisent d’innovation pour proposer des séjours bien ficelés avec une gamme de services variée. Comme dans une voiture, il y a l’entrée de gamme (produit de base) et puis les options qui font que le séjour gagne en confort et en luxe. Or, le voyage dans les lieux saints, c’est devenu un secret de polichinelle, n’est pas toujours mû par des considérations de piété et de recueillement. Certains, une fois en Arabie saoudite, se détournent du devoir qu’ils sont censés y accomplir en toute dévotion pour se livrer à d’autres activités qui ont très peu à voir avec la fonction originelle de la Omra. Nombre d’âmes vertueuses n’en reviennent pas. Choquées par ce qu’elles ont vu ou entendu à La Mecque sur la conduite de leurs compatriotes. De fil en aiguille, de confidence en aveu, l’image que l’on se faisait de ce devoir religieux a commencé à changer. On sait maintenant qu’il existe des habitués de la Omra, qui l’accomplissent plusieurs fois par an non pas par excès de dévotion mais par affairisme. Cette catégorie se rend à La Mecque pour faire des affaires. Chacun selon ses moyens. Certains achètent des produits de luxe comme les coupons de tissus d’inde et des bijoux du Golfe qu’ils revendent une fois de retour au Maroc à des prix intéressants. D’autres se rabattent sur des articles moins chers comme les parfums, les gadgets et les divers articles religieux… On est loin de la pureté qui est censée caractériser le comportement et l’itinéraire du pèlerin qui ne doit pas se laisser tenter par l’enrichissement et dont la meilleure provision est la piété. Autre profil du pèlerin, celui pour qui le voyage de la Omra n’est qu’un prétexte pour aller prendre l’aumône ( la Zakat) chez les nababs saoudiens. Une pratique qui, semble-t-il, rapporte gros. La rumeur publique fait ainsi état de plusieurs cas de personnes qui reviennent de là-bas avec des sommes substantielles pouvant aller jusqu’à 100.000 Dirhams et plus. Cela dépend, bien entendu, du degré de débrouillardise de chacun. C’est le cas par exemple de Y. Abdesslam qui a réussi à bâtir un joli commerce à Casablanca à partir de ses voyages fréquents en Arabie saoudite. Fonctionnaire à la retraite, H. Mohamed a tiré profit de la gratuité ou presque des billets d’avion à laquelle il a droit grâce à son fils qui travaille à la RAM pour faire la manche à la sortie des mosquées de La Mecque et de Médine. De plus en plus nombreux sont ceux qui ont fait de la mendicité en terre sainte un véritable métier qui ne rapporte certainement pas aussi gros que le plus vieux métier du monde. Aussi choquant que cela puisse paraître, le Maroc fournit aussi des filles de petite vertu pendant la période de la Omra. Sous couvert de petit pèlerinage, nombre de prostituées se sont incrustées dans ce circuit religieux pour aller égayer les nuits des adeptes des amours tarifées payées en dollars. Une fois sur place, les fausses pèlerines se rendent généralement chez leurs copines marocaines installées à Djeddah et qui dirigent et animent des réseaux de prostitution. Un commerce du corps juteux dont s’accommodent les autorités saoudiennes. Or, la débauche sexuelle sous couvert de pèlerinage a pris des proportions si alarmantes que les pouvoirs publics marocains ont réagi cette année pour trouver la parade à ce phénomène. Désormais, une femme de moins de 55 ans doit obligatoirement être accompagnée d’un “Mahram“, qui peut être soit son père, son fils, son frère ou son oncle. Cette mesure contraignante du ministère de l’Intérieur est censée protéger la Omra en la débarrassant des pseudo-candidates au pèlerinage. Or, il semble d’ores et déjà que l’on a trouvé l’astuce pour se jouer de cette loi. Certaines informations font état de situations jusqu’ici insoupçonnées qui ont de quoi révulser plus d’un. Il existe des pères de famille qui couvrent leurs filles. Ils savent d’avance qu’en terre sainte elles ne vont pas jouer les saintes-nitouches dévotes. Aucune loi ne peut rien contre une duplicité aussi honteuse. Un père complice à ce point de sa fille… Tandis que lui accomplit machinalement son rituel de la Omra, sa fille, elle, met religieusement le feu aux tempes à un pervers d’Arabie. Quel sens du partage… des tâches ! Voilà comment certaines personnes sans foi ni loi dévoient un des piliers de l’Islam et jettent le discrédit sur un devoir religieux de première importance. Ces personnes-là, qui n’ont aucune excuse, sont prêtes à tout pourvu que l’argent soit au rendez-vous.

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