On achève bien les tocards

Le parti travailliste israélien est le grand perdant des élections législatives du mardi 28 janvier. Avec 19 sièges contre 25 dans le Parlement sortant, il a réalisé le score le plus faible de son histoire. Une déroute électorale qui pourrait s’expliquer par le profil du candidat travailliste, Amram Mitzma et l’image qu’il a renvoyé aux électeurs.
Apparemment, le discours de celui-ci n’a pas convaincu les Israéliens qui ont préféré renouveler leur confiance à Ariel Sharon dont le parti est sorti renforcé de ces élections. « C’est une double victoire historique », a expliqué à la première chaîne publique Tzahi Hanegbi, ministre sortant de l’environnement et l’un des chefs de file du courant dur du Likoud. « Jamais l’écart entre le Likoud et le parti travailliste n’a été aussi important et Ariel Sharon peut constituer un gouvernement national avec une majorité de 70 députés si les travaillistes refusent d’entrer dans un gouvernement d’union nationale ».
Les Travaillistes avaient misé sur M. Mitzna pour défaire le Premier ministre sortant et conduire son parti à la victoire. Ambition largement contrariée. Et pourtant, le Likoud n’était pas favorisé dans les sondages en raison de la politique meurtrière de Sharon à l’encontre du peuple palestinien et de sa gestion désastreuse du dossier de la paix. Un autre facteur aurait pu être décisif dans la bataille, le scandale financier qui a éclaboussé récemment Sharon et sa famille. Le parti travailliste et son représentant n’ont pas su exploiter tout cela pour se poser en alternative pour le peuple israélien.
Fils d’immigrés allemands, général de réserve de l’armée, le candidat Mitzna n’est pas une figure politique connue du grand public. Un handicap qui a dû jouer certainement dans sa défaite. En somme, les raisons de cette déroute, il convient plutôt des les chercher dans le camp travailliste. Croyant présenter un candidat valable et neuf, celui-ci a adoubé finalement un mauvais cheval qui n’a pas été capable de faire vibrer les foules, souffrant visiblement d’un manque d’expérience politique notable.
Les travaillistes, qui se veulent des “colombes“, ont raté une occasion historique de reprendre la main et de chasser du temple du pouvoir un homme réputé pour être un ennemi fidèle de la réconciliation avec les Palestiniens. Un sanguinaire qui depuis son arrivée aux affaires il y a deux ans a lâché sa soldatesque et ses blindés aussi bien sur la population palestinienne que sur ses instances représentatives. A-delà des erreurs commises par les travaillistes, la victoire acquise par le Likoud ne signifie-t-elle pas, quelque part, que la société israélienne ne veut pas non plus de la paix avec le peuple palestinien ?

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