“On compte beaucoup sur le Maroc »

Aujourd’hui Le Maroc : Comment l’idée est-elle venue de tenir au Maroc un sommet de deux jours entre les présidents guinéen, libérien et Sierra-Léonais ?
Taïeb Fassi Fihri : C’est un processus qui a commencé en août 2000. Cette affaire a fait l’objet de plusieurs rapports du secrétaire général de l’ONU. Mais ce processus de normalisation a été à chaque fois contrarié. Le Libéria et la Guinée s’accusent d’appuyer des milices armées qui attaquent leurs territoires respectifs. La Sierre Leone, quant à elle, reproche au Libéria de soutenir la rébellion Sierra-Léonaise du Front révolutionnaire. Chaque partie rejette les accusations de l’autre.
Comment ce conflit est-il né ?
TFF : Le problème est né de la crise au Libéria qui s’est élargie ensuite à la Sierre-Léone. Suite à la demande du secrétaire général de l’ONU, certains États de la région comme le Sénégal, le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Ghana, ont tenté une médiation entre les trois pays en conflit. En vain. C’est ainsi que le Maroc a proposé ses bons offices dans le cadre d’une démarche onusienne et suite à un appel du secrétaire-général de l’ONU. J’ai personnellement rencontré les trois présidents qui ont tous accueilli favorablement l’initiative de notre pays.
Les pays en conflit savent parfaitement que le Maroc offre ses services dans un esprit désintéressé et sans préalable. Le secrétaire général de l’ONU a de son côté appuyé l’initiative marocaine. Il s’en est même félicité puisque cela fait un an et demi environ que toutes les tentatives de convocation d’un sommet de réconciliation n’ont pas pu aboutir. Le Maroc espère réussir là où les autres ont échoué.
Quels sont les enjeux de ce sommet qui se tient au Maroc ? Quel en est l’ordre du jour ?
TFF : Il faut sortir, à l’issue de cette rencontre, avec des engagements clairs et précis que chaque partie doit respecter. En somme, il s’agit de sécuriser les frontières des trois pays et désarmer les milices rebelles. Les protagonistes sont appelés à travailler dans ce sens.
Le fait que le Maroc soit parvenu à réunir les trois présidents sur son sol est un bon point pour la diplomatie marocaine…
TFF : Vous savez, le Maroc est un pays africain. Il est tout à fait naturel qu’il se préoccupe par ce qui se passe dans le continent et qu’il réagisse, loin de tout parti pris, pour aider à trouver des solutions aux problèmes qui se posent.
Cela dit, l’exercice que nous entamons n’est pas facile. Il est vrai que l’on compte beaucoup sur le Maroc dans cette affaire. Le Maroc accomplira son devoir. Mais il ne faut pas croire que le différend opposant les trois États africains va être résolu l’espace d’un sommet. Le suivi des décisions des uns et des autres par les Nations-unies et la communauté internationale est indispensable afin de sceller définitivement la réconciliation d’autant plus que les blessures sont très profondes dans le sous-continent.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *