On ne badinera pas avec la sécurité

On ne badinera pas avec la sécurité

ALM : Sachant que l’aspect sécuritaire est un critère de taille, quels sont les grands atouts du Maroc en la matière ?
Youssef Bencheqroun : Il faudra d’abord commencer par expliquer les différentes dimensions que comprend la sécurité dans toute organisation de la Coupe du monde. La première a trait à la sécurité à l’intérieur des stades. Et le Maroc n’a jamais enregistré un débordement notable. Ce qui n’est pas le cas pour beaucoup de nos concurrents. La deuxième dimension est relative à la sécurité des visiteurs et qui mérite d’être qualifiée de totale, ce qui n’est pas non plus le cas de beaucoup de pays d’Afrique. La troisième dimension reste bien entendue la sécurité internationale, c’est-à-dire contre le terrorisme. Sur ce point, il faut préciser que la FIFA, et depuis les événements du 11 septembre 2001, n’a pas été capable de s’assurer une garantie de sécurité, que ce soit lors de la dernière Coupe du monde au Japon et Corée du Sud ou en Allemagne pour 2006. Le terrorisme est aujourd’hui un phénomène international. Il n’a pas de nationalité. L’arrestation de Marocains suite aux tragiques attentats de Madrid ne signifie pas que les autres pays sont plus prémunis que le Maroc contre le terrorisme.
Le Maroc est pointé du doigt, notamment par les pays candidats concurrents comme étant un pays à risque. Q’en pensez-vous ?
Ce sont des événements qui peuvent avoir lieu n’importe où, n’importe quand. C’est la raison pour laquelle nous travaillons sur ce volet en étroite collaboration avec des spécialistes internationaux de la sécurité et des services de police, dans le cadre aussi bien d’accords bilatéraux qu’internationaux. Un élément est à noter sur ce plan : le Maroc est un pays où les armes ne circulent pas. Qu’il s’agisse d’armes à feu ou d’armes blanches, la loi est on ne peut plus claire et stricte. Aussi, dans des compétitions de cette envergure, et vue le dispositif de sécurité qui y est déployé, les risques d’actes terroristes sont faibles. Mais ce que je peux vous assurer, c’est qu’on ne badinera pas avec la sécurité des gens. Des cellules vont être mises en place et toute une stratégie a été élaborée dans ce sens. Le Maroc dispose de plusieurs expériences en matière d’organisation d’événements sportifs de grand niveau. Des expériences réussies et qui en disent long sur toute une tradition d’accueil, mais aussi de veille sur la sécurité.
Il y a également le risque d’actes de hooliganisme de la part de certains supporters. Quelle est la stratégie marocaine concernant ce volet ?
La stratégie marocaine sera analogue à celle que la France avait mise en place lors de la Coupe du monde 1998. De tous les pays d’où des supporters seraient les invités du Maroc, des spécialistes et des forces de sécurité seront également invités. L’interaction et l’ouverture seront là aussi les maîtres-mots. Et là aussi, on est bien conseillé.
La sécurité comprend également les aspect liés à la santé, pensez-vous que le Maroc est bien préparé sur ce plan à accueillir la Coupe du monde ?
Au niveau des infrastructures sanitaires, le Maroc occupe une excellente place par rapport au reste des pays africains. Une place satisfaisante même sur l’échelle internationale. Tous les secteurs concernés par la santé au Maroc ont été mobilisés, que ce soit le public, à travers le ministère de la Santé, le semi-public, à savoir la CNSS, ou le privé. Les hôpitaux militaires de Rabat, Meknès et Marrakech seront également mobilisés. Aussi bien en termes de matériel que du personnel sanitaire, il y a lieu d’être impressionné par le dossier marocain.
Quels sont les grands axes du dispositif sanitaire marocain ?
Le plan marocain de couverture médicale de cette compétition comprend à cet égard plusieurs niveaux. A commencer par celui des stades où 4 à 5 points d’assistance médicale seront installé pour le pronostic vital. Le deuxième niveau concerne les établissements de proximité, près des stades et des grandes agglomérations pour établir un diagnostic et juger de la spécialité médicale devant prendre le patient en charge. Le troisième niveau n’est autre que les cliniques, hôpitaux et hôpitaux militaires auxquels le patient sera transporté le cas échéant et où on dénombre une moyenne de 5 à 6 spécialités par établissement. Il y a également, et s’il est nécessaire, un plan de rapatriement sanitaire. L’ensemble de ce dispositif est déjà opérationnel. Il ne manque plus que le dispositif de transport sanitaire qui reste à compléter. Nous avons prévu à cet égard d’établir des contrats de location de véhicules sanitaires via un système de régulation.
Qu’en est-il de l’environnement sanitaire national ?
L’environnement sanitaire national est de loin supérieur à la moyenne en Afrique. Exemple en est que le Sida enregistre au Maroc l’un des taux les moins élevés en Afrique. La situation de contrôle sanitaire, comme celui de l’eau, est également des plus probantes. Sans oublier la sécurité transfusionnelle en cas de blessure et qui est soumise à un contrôle très sévère au Maroc à travers des banques auditées et obéissant à des normes internationales en la matière. Méconnu au Maroc, le système sanitaire et médical national est néanmoins l’un de nos points les plus forts.

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