Osman poussé vers la sortie

Abdelhadi Alami, membre du bureau exécutif du rassemblement national des indépendants nous a informé qu’il «gèle toute activité au sein du Rassemblement national des indépendants» dont il est membre du bureau exécutif. L’information est d’importance quand on sait l’apport de M. Alami au parti présidé par Ahmed Osman. D’autant plus qu’il est le coordinateur de la région Marrakech et le responsable de la communication.
Pour M. Alami, c’est la gestion non démocratique du parti par M. Osman qui est la cause des problèmes actuels et qui risquent de faire éclater cette formation. Le choix des candidats pour les postes ministériels s’est faite de façon catastrophique et les membres de la direction du parti n’ont pas été informés de l’évolution des discussions avec Driss Jettou, ni des noms proposés.
Lors de la réunion de mardi 5 novembre, M. Osman a essayé, selon M. Alami, de jeter la responsabilité du flou, voire l’opacité, sur la personne de M. Jettou. «C’est lui qui va choisir» semblait dire le président. Or, il se trouve que M. Osman avait envoyé une première liste de trente candidats, puis après il a envoyé une deuxième liste de huit candidats. « Six de ces huit ont été fait ministres. C’est dire que la deuxième liste a annulé purement et simplement la première ».
Quand on fait la remarque à M. Alami que sa réaction risque d’être interprétée comme prise par dépit puisqu’il n’a pas été fait ministre, il répond : « Absolument pas. Certes, être ministre, de surcroît dans le premier gouvernement de la nouvelle ère est un honneur pour tout acteur politique. Et travailler avec Driss Jettou comme Premier ministre est une très bonne chose. Mais ce n’est pas là le fonds du problème. D’abord, être ministre c’est avoir la compétence des hommes de terrain. Les problèmes se sont accentués et on ne peut plus se permettre de l’amateurisme. Les commis de l’Etat se doivent d’être opérationnels dès les passations et non trois ans après. N’oublions pas qu’il s’agit de notre avenir et celui de nos enfants. La question qui se pose est celle de la transparence au sein du RNI. Il y a de graves problèmes de sérieux et crédibilité qui se posent à ce parti et qui peuvent le mettre à la dérive».
Les membres de la direction du parti, n’ont pas été informés de ce qui se passe au niveau des ministrables et des discussions avec Driss Jettou. Ils ont été les plus surpris en apprenant les noms des ministres qui allaient représenter le RNI au gouvernement. Pour M.Alami, ce ne sont les ministres RNI qui sont mis en cause au niveau de leur compétence ou au niveau de leur intégrité. C’est la procédure de leur choix qui n’est pas conforme aux règles démocratiques. Or, ce qui s’est passé c’est que le président Ahmed Osman a choisi les noms à sa guise, sans consultation aucune. Le groupe parlementaire a élu Mohamed Abbou à sa tête, alors que M. Osman a désigné M. Lazrak. Il y a plus de trente parlementaires qui sont contre le président, ou plutôt contre sa manière de gérer le parti. «Nous sommes des libéraux et par conséquent on ne peut admettre que notre parti soit géré de manière archaïque», dit-il.
Les parlementaires RNI avaient trois options. La première est de créer un groupe indépendant, ou rejoindre d’autres formations politiques, le PJD par exemple ou bien rester RNI parce qu’ils se considèrent chez eux. V’est cette option qu’ils ont choisie.«Les instances du parti doivent être réunies pour discuter de la situation du président qui a porté un grave préjudice au RNI et à son image de marque. Le parti risque d’éclater par la faute de M. Osman qui le mène en bateau…» selon les mécontents.

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