Où va le vote d’Al Adl Wa Al Ihssane ?

Le Parti de la Justice et du Développement ne copte pas uniquement sur le vote de ses militants ou de ses sympathisants. Ses candidats compteraient aussi sur le vote des autres groupes islamistes n’ayant pas un cadre politique.
Cependant, les candidats du PJD ne pourraient pas compter sur le vote d’Al Adl Wa Al Ihssane (Justice et Bienfaisance).
Ce mouvement a choisi de ne pas soutenir les listes de l’unique parti islamiste participant aux élections, mais ils n’ont pas officiellement appelé au boycott des élections.
Cette position mitigée prête à confusion et suppose plusieurs questions sur le vote d’Al Adl Wa Al Ihssane ainsi que sur le mot d’ordre donné par ses dirigeants aux militants lors des élections.
Sur cette question, le porte-parole de ce mouvement, Fathallah Arsalane, répond que la décision adoptée par la Jamaâ est claire et qu’elle ne prête à aucune confusion.
« Nous avons décidé de ne pas participer aux élections car nous pensons qu’il s’agit d’une pièce de théâtre que l’on présente avec une nouvelle mise-en scène…elles sont donc falsifiées avant même leur déroulement », affirme-t-il. Arsalane rajoute que son mouvement « a un très grand respect pour les candidats et les membres du Parti de la Justice et du Développement qui sont des gens honnêtes et qui méritent la confiance…mais, notre position vis-à-vis des élections nous empêche de les soutenir ».
« D’ailleurs, si nous estimions que ces élections étaient une porte vers un changement, nous n’aurions pas soutenu le PJD, mais nous aurions pu nous présenter », explique-t-il. « Le PJD, estime-t-il, ne pourra jamais appliquer le programme dont il parle, car même s’il arrive au gouvernement, il n’aura pas de pouvoir ».
En ce qui concerne le boycott, il estime que « Al Adl Wa Al Ihssane n’a pas appelé les citoyens à boycotter les élections, car, nous estimons qu’une telle initiative aurait été interprétée comme une intégration du système dans son état actuel ».
Pour le porte-parole du mouvement de Abdessalam Yassine, « l’unique condition de la Jamaâ pour participer aux élections est qu’il y ait un renforcement des pouvoirs du gouvernement pour qu’il puisse appliquer son programme politique, économique et social qu’il aura promis lors des élections ou la consolidation des prérogatives du Parlement comme un outil de contrôle…ce qui nécessite une réforme constitutionnelle ».
Arsalane insiste aussi sur l’attachement de son mouvement au processus démocratique comme l’unique voie pour arriver au pouvoir. « contrairement à ce que prétendent certains milieux, nous sommes convaincus du pluralisme et du processus démocratique… car pour arriver au pouvoir, il existe deux manières : le coup d’Etat ou les urnes, et puisque nous sommes contre la violence, il ne nous reste que la voie de la démocratie pour arriver au pouvoir », assure-t-il. Enfin, Fathallah Arsalane réaffirme que les militants de son mouvement ne voteront pas le jour du scrutin et ne soutiennent aucun mouvement pendant la campagne électorale, puisqu’ils ne se sentent pas concernés par les élections actuelles ».

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