Oujda : Carrefour maghrébin

La visite que Sa Majesté le Roi Mohammed VI entame aujourd’hui dans la région de l’oriental a lieu à un moment où tout semble indiquer que le Maroc et l’Algérie s’apprêtent à rouvrir leurs frontières et à entamer une nouvelle phase dans leurs relations.
Cette donnée fait que la visite du Souverain dans cette région fait immédiatement penser à une éventuelle relation entre les deux évènements.
Certes, cette région du Royaume a toujours bénéficié de la sollicitude royale et la visite du Souverain sera marquée par le coup d’envoi que le chef de l’Etat donnera à plusieurs projets socio-économiques. Mais, étant le point de passage officiel à travers la frontière terrestre séparant le Maroc et l’Algérie, fermée depuis 1994, la région de l’oriental a toujours été au coeur des crises maroco-algériennes puisque son rythme de vie ne peut qu’être lié aux vacillations des relations entre les deux pays. D’ailleurs, l’histoire démontre que la capitale de l’oriental, Oujda, est une terre de rencontres. C’est dans cette ville qu’avait eu lieu le sommet entre Feu Sa Majesté le Roi Hassan II et l’ex-président algérien, Chadli Benjedid.
Aujourd’hui, vu la tendance à l’apaisement entre les deux pays voisins et l’annonce faite par le ministre des Affaires étrangères algérien lors de sa dernière visite au Maroc d’un prochain sommet entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président Bouteflika, cette visite ressuscite les espoirs, de part et d’autre des frontières, sur la réouverture de celles-ci.
Un événement dont la signification politique, aussi profonde soit-elle, n’équivaut pas à ses retombées socio-économiques sur la région.
Fermée il y a neuf ans suite aux actes criminels perpétrés par des terroristes algériens qui ont tué deux touristes dans un hôtel à Marrakech, la frontière terrestre entre les deux pays demeure l’indicateur principal de la tension entre les deux pays et sa réouverture s’impose dans l’ordre du jour de toute rencontre bilatérale entre les responsables marocains et algériens.
À ce sujet, les positions diffèrent entre les deux pays. Le Maroc appelle à une approche globale de tous les aspects des relations, notamment la révision par l’algérie de sa position hostile à l’intégrité territoriale du Maroc en parrainant le Polisario et en se faisant le porte-parole de sa thèse séparatiste. L’Algérie, de son côté, prône une séparation entre les relations bilatérales et sa position sur le dossier du Sahara.
Alger appelle donc à ce que les frontières soient réouvertes, les visas annulés et les relations normalisées malgré le différend existant sur le Sahara. Outre son aspect bilatéral, la réouverture des frontières terrestres est une priorité maghrébine. La construction d’un espace maghrébin dans le cadre de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) et son impact sur les relations entre les pays membres de cette entité et d’autres groupements régionaux comme l’Union européenne ou des pays comme les Etats-Unis est d’une importance cruciale. Car, négocier avec le Maghreb en tant que marché unique ou en tant qu’espace d’échanges commerciaux, est incompatible avec la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie.
Enfin, il est à rappeler que la ville d’Oujda a joué un rôle important à chaque étape de l’Histoire du Maroc contemporain. Il est donc logique, légitime et opportun d’aspirer à ce qu’elle soit le point de départ d’une nouvelle phase dans les relations maroco-algériennes.

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