Ould Taya favori

Comment se présente l’ambiance électorale en Mauritanie?
Sidi Mokhtar Oueld Chiguer : L’ambiance est, comme à l’accoutumée, assez sereine. Aucun débordement n’a été enregistré. Il y a également un extraordinaire engouement de la part des citoyens. Des tentes sont dressées un peu partout dans le pays. La campagne électorale est haute en couleur et en son. Cette ambiance caractérise ces consultations présidentielles en Mauritanie depuis les élections de 1992 et non pas cette année uniquement. A tel point que certains parlent d’élections à l’américaine. Par ailleurs, chaque candidat a commencé sa campagne par un grand meeting. Le président Maaouiya, candidat sortant, par exemple a commencé par la ville de Néma, capitale régionale à l’est du pays. Il se dirigera ensuite vers d’autres villes.
Quels sont vos pronostics en tant qu’observateur indépendant?
Je pense que c’est le président Maaouiya qui sera élu. Certes, avec une courte majorité, mais il passera quand même. La raison est que son bilan est assez positif. La croissance économique est soutenue et les indicateurs sont respectables. A ce titre, il faut rappeler que la Mauritanie est régulièrement citée par la Banque Mondiale et le FMI comme un pays sur la bonne voie, avec de réelle performances. C’est ainsi que la Mauritanie a été l’un des premiers pays à être accepté à bénéficier de l’initiative des pays très endettés qui consiste à reconvertir une bonne partie de la dette envers le FMI et la Banque Mondiale. Les citoyens mauritaniens sont très sensibles à ce genre de performances.
Qu’en est-il de l’opposition, représente-t-elle une alternative réelle?
En fait, l’opposition mauritanienne se cherche. Elle s’est longtemps recroquevillée sur elle-même, jusqu’à devenir une opposition radicale, proposant une alternative radicale qui n’est pas à la hauteur des aspirations des Mauritaniens. Toutefois, depuis deux ans environ, une opposition respectable a commencé à sortir du lot. Certains partis soutiennent le candidat Ould Haïdallah. Et d’autres appuient la candidature d’Ouel Tayah, c’est le cas par exemple de l’UDP et du RDI.
Quels sont les arguments électoraux des différents candidats?
C’est un élément très important. En vérité, il n’y en a presque pas. En dehors de Maaouiya Ould Taya, aucun autre candidat n’a présenté un véritable programme électoral. L’ancien président Ould Haïdallah, a fait une déclaration dans laquelle il présente les grandes lignes de son programme, mais sans rentrer dans les détails. Aujourd’hui, nous sommes incapables de consulter le programme de l’opposition, le discuter et éventuellement l’améliorer.
Est-ce à dire que les arguments des candidats de l’opposition sont beaucoup plus personnels que politiques?
Il est vrai qu’on sent dans les déclarations des candidats de l’opposition le désir de prendre le pouvoir et d’opérer des changements. Mais manifestement, ils ne présentent aucun programme clair. Ce qui n’est pas le cas du président Maaouiya. Et je pense que c’est là son point fort.

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