Oussalah : l’aile terroriste du PJD

Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) n’a pas beaucoup parlé de Youssef Oussalah. Ce dernier est en effet devenu une persona non gratta au sein de ce parti, son nom est tabou. Un sujet lépreux qu’il faudrait bannir, chasser de la communauté. Et pour cause, son inculpation pour 30 ans de réclusion par la Chambre criminelle près de la Cour d’appel de Casablanca. Mais bien avant la prononciation du verdict, Youssef Oussalah dérangeait les ténors du PJD dont il était pourtant l’un des responsables régionaux à Kénitra. Il avait même le poste clé de trésorier de la section locale du parti à Sidi Taïbi. Toutes les sommes d’argent destinées au fonctionnement de cette section transitaient par lui, pour ne pas dire atterrissaient dans ses poches. Et c’est justement ce qu’on lui reproche. Le Péjidiste disposait de cet argent, mais pas nécessairement à des fins légales. Influencé par les prêches de certains théoriciens de la Salafia Jihadia et imprégné des idées et des principes de ce courant, il accordait généreusement un soutien financier aux partisans du diable. Sauf que ce n’était nullement de son argent que le bon samaritain du terrorisme disposait. Le but était bien connu. Les attentats du 16 mai n’en sont qu’un simple échantillon. Et ce n’était pas tout. En effet, ce promoteur immobilier né en 1956 au Douar Tlaklou, au cercle de Taghbalt dans la province de Zagoura, était au courant de la préparation des événements de Casablanca et n’avait pas voulu aviser les services de sécurité. Son arrestation est intervenue une quinzaine de jours après ces attentats. C’était la première fois que l’implication d’un responsable du Parti de la Justice et du Développement est officiellement évoquée. Conduit devant le juge d’instruction le 2 juin 2003, Youssef Oussalah, alias Sahraoui, a nié toutes ces accusations en bloc. Mais les faits étaient accablants. Le trésorier islamiste avait en effet rencontré à plusieurs reprises les qaïds de la Salafia Jihadia, Hassan Kettani, Mohammed Fizazi, Abdelwahab Rafiki (Abou Hafs), Abderrazak Berrak et Issam Bachiri en tête. Après son interpellation, les responsables du PJD ont brillé par leur mutisme. Motus et bouche cousue. Ils sont finalement sortis de leur silence insistant sur la présomption d’innocence dont devrait bénéficier chaque citoyen. Durant toute la durée de l’enquête et du procès, cette présumée innocence devenait de plus en plus incertaine. Après la prononciation du verdict par la Chambre criminelle près de la Cour d’appel de Casablanca, elle s’est complètement évaporée. 30 ans de prison ferme. Et là, les responsables du PJD n’ont rien eu à dire.

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